7 mois de voyage, 8000 kms d’auto-stop, 157 lifts. Plus quelques expériences en France pour s’échauffer.

Parfois, des kilomètres à pied pour rejoindre les spots hitchwiki.

Temps d’attente minimum: -10 secondes, temps d’attente maximum: 2h30.

Distance minimum: quelques hectomètres. Plus longue distance: 760 kms.

Types d’engin: voiture, camion, scooter, van, pick-up, bus, mini-bus.

Alors, qu’est ce qui peut se passer quand on est un voyageur au bord de la route ? Toutes les situations décrites ci dessous ont été vécues et sont bien réelles !

Norvégien écrivant destinationA l'approche de Lake DunstanSur la route vers les falaises de Joking

1. La pluie qui vous nargue

Après une bonne marche depuis l’hostel pour rejoindre un bon spot, vous regardez avec inquiétude les gros nuages noirs fonçant droit sur vous et qui en même temps évitent soigneusement le lac à proximité. Vous tendez le pouce en espérant que vite, vite, une voiture vous prendra. Rien. Et ce qui devait arriver, arriva. Une grosse bonne drache des familles vous arrose copieusement, ce qui tend définitivement votre auto-stop appeal vers 0. Veste imperméable, sursac à dos et pantalon remplis d’humidité. Et là, vous grognez intérieurement quand vous voyez les rayons de soleil illuminant le lac à même pas 100m !

2. Le bus scolaire, ce sauveur

Vous attendez à un turn-off menant à un petit village de 600 habitants, en cul-de-sac. Là, vous vous dites que vous êtes pas prêt d’y arriver vu le peu de voitures y passant et de surcroît ne jettent à peine un regard à votre sort. Un bus scolaire qui arrive. Vous vous dites bon, au suivant, il ne me prendra pas. Finalement il s’arrête net d’un coup en faisant déraper ses pneus. Le chauffeur ouvre grand la porte et laisse entrevoir une bonne bouille moustachu tout en vous indiquant d’entrer. Même pas la peine de payer, c’est cadeau ! Plus tard,  vous vous rendez compte que le bus que vous aviez loupé quelques heures auparavant, c’est celui-ci. Vous l’avez rattrapé en stop !

3. Patience, patience

Grosse fournaise en ce dimanche et personne ne circule en ce début d’après-midi. Les gens mangent et un bad timing vous a amené ici même. Tant pis, cela arrive. Problème: même le goudron fond. Impossible de rester trop longtemps vraiment sur le bas côté, il vous faut mettre plus dans l’herbe. Le temps passe, toujours très peu de voitures passent, elles préfèrent tourner au turn-off à quelques hectomètres. Puisque c’est comme ça, allez vous mettre de l’autre côté à l’ombre pour vous relaxer, il y a un large espace sur le côté devant une école en rase campagne. Le temps passe, toujours rien et vous commencez à jouer avec les voitures en singeant, en dansant, en souriant. Le désespoir vous guette mais toujours rien. Le salut viendra d’un minibus car la famille vous avait vu à un autre endroit plus tôt dans la journée. Le pouce en l’air, bien sur.

4. Sur l’autoroute, tout va vite

Il y a des fois, vous ne comprenez absolument pas ce qu’il se passe. Alors qu’on était censé vous déposer à une sortie d’autoroute, voilà qu’on vous dépose à un très large accotement. Vous ne savez même pas où vous êtes, vous avez à peine le temps de poser le sac par terre, de vous positionner, ni même de vous dire cette situation pue la merde: en plein autoroute, personne ne s’arrêtera qu’une bagnole sortie de nulle part s’arrête et vous prend. Même pas 1 minute s’est déroulée entre la descente de la première voiture à la montée dans la seconde. En plein autoroute, re-précisons le !

5. En scooter, tout est permis

Il vous faut des victuailles pour le soir et vous décidez de vous rendre à la petite épicerie du village voisin. 4kms. Il ne fait pas trop chaud, vous y aller à pieds et tendez le pouce à la moindre occasion. Vous finissez par entendre le bruit mielleux d’un scooter. Ni une, ni deux, vous vous agitez pour l’arrêter et le persuadez de vous embarquer. « Bah j’ai pas de casque pour vous et on va passer devant le poste des flics » auquel vous répondez « on s’en fout des flics, ils dorment tous ici ». Vous allez pas chipoter pour un pauvre scooter roulant à même pas 30 et dont les voitures croisées sont rares sur cette île.

6. Vous avez soif, mate ?

Fébrile devant le challenge consistant à parcourir une longue distance en auto-stop, vos couchsurfeurs vous ont gentiment déposé au spot recensé. Un good luck mate des familles et vous voilà devant le fait accompli la merde. Il faut y aller maintenant. Levez le pouce, allez, plus haut, plus fermement tendu, plus sur de vous. Le truc, c’est que vous remarquez que votre position n’est pas idéale, bien qu’un turn-off vers l’autoroute soit proche, vous êtes en pleine ville. Pire, vous êtes en train de poireauter devant un maison d’un type en train de bricoler sa voiture. Et qu’est ce qu’il fait le type ? Il vient taper la discut’ avec vous et se propose même de vous apporter une bouteille d’eau. Sweet as. Thanks mate.

7. Le train porte chance

Arrivé à une petite ville paumée à l’heure de manger, vous consentez de faire une pause auprès de l’océan. Vous avez déjà repéré le spot de stop, près d’un passage à niveau. Vous faites la pause et à votre retour, stupeurs et tremblements: un concurrent se poste là, pile à votre spot ! Ça alors, ça ne vous ait pas souvent arrivé. Fair-play, vous vous concertez pour être après lui à 100m et il demande à ce que vous soyez pris s’il est pris. Rien de rien pendant de longues minutes lorsqu’un train traversant le passage à niveau, bloque plusieurs voitures. Arrêtés, les occupants des voitures sont forcés de vous regarder avec un air de dépit. Avec rage, vous voyez le concurrent s’engager dans une voiture. Intérieurement, vous vous dites, cela sera pour le prochain train. De longues minutes passent et soudain, un autre train. Et que se passe t-il ? Je vous le fais dans le mille, Emile !

8. Une journée en enfer

Tous les sentiments trépassent dans votre esprit. Vous galérez le matin à vous faire prendre en stop pour finalement rencontrer un couple formidable au coup de foudre amical sensationnel, interrompu au bout de deux heures. Have a good life qu’ils vous disent en partant. Et puis la chute. Vous avez du mal à vous relever de ces émotions. Vous êtes très mal placés, en bout de rest area en plein cagnard. 30mins, 1h, 2h et rien. Devant le refus de tous les conducteurs de vous prendre, vous vous sentez seul. Vous vous sentez tout petit dans ce bas monde. Même pas à la hauteur des mouches qui vous épuisent à tourner autour. Et des allergies aux pollens se déclenchent. Le paroxysme de la situation est atteint lorsqu’une flic vient vous menacer de ne pas faire du stop. Vous tenez bon, vous ne lâchez rien. Un sauveur finit par vous délivrer. Juste quelques kilomètres mais la machine est relancée. Et le soir, vous arrivez là où vous étiez attendus.

9. Bêtises et incompréhensions

L’auto-stop rend humble. Alors que vous vous tenez tranquille sur le bord de la route avec votre pouce en l’air bien tendu, le sourire colgate prêt à dégainer et en retour, vous recevez des cris, des mimes de singe et des doigts d’honneur. Les managers de stations-services peuvent vous dégager comme un malpropre vite fait en quelques secondes. Pire, la plus grosse humiliation sera celle de la bagnole qui s’arrête proprement à quelques dizaines de mètres, attend que vous vous approchiez pour déguerpir aussitôt. Vous pouvez même examiner les visages des occupants tout amusés de leur geste. Et là, il n’y a rien à faire.

10. La bienveillance fortuite mais inutile

Les nuages menacent et vous n’espérez qu’une chose. Qu’une bagnole vous prenne avant que la pluie ne tombe. Mais c’est le désert. Alors à chaque passage de voiture, vous vous mettez en branle pour attirer plus profondément les regards et faire en sorte que les conducteurs se disent ce type a l’air marrant, prenons le. Alors que vous exécutez une énième fois la chorégraphie, vous vous arrêtez net en voyant une voiture auto-école. Aucune raison qu’elle ne vous prenne. Mais surprise, elle s’arrête ! Alors que vous croyez être tiré d’affaire, vous entendez le chauffeur vous dire: Everything is fine ? I thought you were in trouble. Et là, vous vous dites intérieurement qu’il est bien gentil mais que bon quand même.

Et parce que des fois, l’Homme est au top, voici une situation bonus !

 

11. La bienveillance fortuite mais utile

Day off de votre volontariat, vous enfourchez un vélo pour aller explorer le parc national voisin d’une vingtaine de kilomètres. Pourtant on vous a indiqué que ça monte bien sur de la piste forestière et que le vélo sera difficile à tirer. Évidemment ça ne loupe pas et alors qu’il reste encore 7 kms avant l’entrée du parc national, vous voilà rendu à pousser lentement le vélo à la main. Quelques voitures passent, et il ne vous vient même pas à l’esprit de lever le pouce pour qu’on vous file un coup de main. Une voiture bien chargée passe et tout le monde vous regarde avec dépit. Quelques minutes passent et les revoilà ! No worries, we will find an arrangment qu’ils vous disent alors que vous vous demandez comment caser le vélo. Et finalement ça passe, même si vous passerez le reste du trajet la tête courbée sous une roue et un des gamins sur les genoux de la passagère avant !

Portrait d'un kanakSteppes du Mackenzie CountryAustralienCouple d'australiensEn auto-stopDave, un australienFamille maorieDans la voiture vers le Grand Sud

Ô toi, voyageur au bord de la route, as tu des situations similaires à raconter ?