Le Dauphiné libéré, la nouvelle commune des Abrets en Dauphiné, les ravioles du Dauphiné, le gratin Dauphinois ou les sept merveilles du Dauphiné sont d’autant de référence à une ancienne province historique datant de l’avant Révolution de 1789. Elle a été partitionnée en trois lors de la création des départements: la Drôme, l’Isère et les Hautes-Alpes.

Si l’on s’attarde sur le passé de la province du Dauphiné dont la capitale fut d’abord Vienne puis Grenoble, on peut aussi remarquer que ses limites ont même pu s’étendre jusqu’en Italie et que des morceaux même des départements actuels ne faisaient pas partie de la province. La province a un temps intégré des petits bouts des départements actuels du Rhône, du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence. Enfin la partition a crée des incohérences sous forme d’enclave: Lus-La-Croix-Haute est culturellement plus proche des Hautes-Alpes car le reste de la Drôme, son département, est accessible uniquement par un col routier. Même chose avec la Grave-la Meije qui aurait du être rattachée à l’Isère. Reste que l’enclave la plus connue est celle du Vaucluse dans la Drôme provençale.

Carte du Dauphiné

Son ennemi juré fut jadis le duché de Savoie, dont l’histoire est éminemment plus compliquée. Nombre fortifications, châteaux, citadelles ont été construites du temps des rivalités, le tout souvent dans un cadre montagnard. Même si les revendications pour un rassemblement de la Province historique ne sont pas à l’ordre du jour, l’histoire riche de ces trois départements constitue un patrimoine culturel mais aussi naturel d’une très grande richesse.

Voici maintenant une liste subjective de lieux où vous rendre sachant qu’il y en a bien évidemment plein d’autres: le Mont Aiguille une des sept merveilles du Dauphiné, la vieille ville de Vienne et son imposant patrimoine historique, la Bastille de Grenoble, le fort de Barraux, la route Napoléon et son crochet au col du Noyer et enfin le bastion du Vercors pendant la seconde guerre mondiale. Et j’en oublie encore !

1. Crest

Avec un poil d’exagération, Crest peut être considéré comme la mégalopole pour les habitants du Diois (comme je l’ai déjà dit dans cet article) et d’autres coins reculés de la Drôme. C’est une petite cité dynamique avec une vieille ville piétonne gravitant autour du fameux donjon médiéval donnant une vue imparable sur la vallée de la Drôme. Laissez-vous porter dans cette ambiance paisible et si le grand air vous manque, profitez du parc naturel régional du Vercors non loin ou encore de la Provence ! Enfin sous ses airs de ville alternative, les activités culturelles ne manquent pas.
Donjon de CrestDepuis le donjon de Crest

2. Le Rosannais

Rosans et le « pays » qui l’entoure est un secret bien gardé que personne ne semble divulguer. Les touristes en été sont soit agglutinés aux reliefs alpins de l’est du département haut-alpin, soit dans la Drôme provençale qui a réussit à mieux mettre en valeur ses atouts. Quelque part c’est tant mieux car y venir soit depuis Nyons, soit depuis Serres, c’est la magie assurée sur la route. Les maisons aux toits en tuile, la tour carrée, le protestantisme et un parfum provençal sont les clés de cette cité médiévale des Baronnies provençales. Et si vous voulez du rab, vous pouvez allez faire un tour du côté de St André de Rosans et son prieuré du Xème siècle !

Y venir, c’est être conquis.
Depuis la tour carrée de RosansRosans

3. Briançon

Les fortifications de Vauban à Briançon sont une attraction touristique majeure à proximité de la frontière italienne. Si vous venez tôt le matin, profitez du calme car cela ne dure pas éternellement. Quand on monte sur les hauteurs de l’enceinte fortifiée il est aisé de comprendre son placement stratégique vis à vis de l’ancien ennemi du duché de la Savoie, les arrivées d’opposants pouvaient être vue de partout ! Les sites classées ne s’arrêtent pas à la simple citadelle mais à tout un ensemble de constructions classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Enfin la proximité immédiate des Ecrins fait de Briançon un bon compromis pour ceux voulant allier culture, ville et nature.
Cité historique de BriançonCité historique de Briançon

4. La Grave – La Meije

On vante souvent Chamonix comme étant la mecque de l’alpinisme, pourtant les chamoniards sont obligés de s’abaisser devant la beauté du site. De plus en plus, l’ascension de la Meije concurrence celle du Mont-Blanc pour sa difficulté et pire encore, le monde entier connaît aussi bien l’existence des deux sites. Conclusion, La Grave – La Meije est non seulement un joli village dans une belle vallée de la Romanche mais aussi une porte d’entrée du plateau d’Emparis et du col du Lautaret avec son jardin botanique perché à 2000m d’altitude.

La GraveLa Grave

5. Mont-Dauphin

Pour ceux qui redoutent la fille de l’italienne Briançon mais sont attirés par les forteresses militaires, rendez-vous alors à celle de Mont-Dauphin située à une cinquantaine de kilomètres de la première citée. Superbement perché autour du Guil et de la Durance, la forteresse domine vraiment son environnement. Fondée en 1695 sur le plateau éponyme, elle abrite toujours actuellement 151 habitants à l’intérieur de la citadelle, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une visite confidentielle, mais qui vaut le coup.

Place forte de Mont-dauphinPlace forte de Mont-dauphin

 6. Pont en Royans

Pont en Royans revêt une place toute particulière en fin gourmand que je suis, car le Royans est le pays de la raviole du Dauphiné, un plat que je vous enjoins de découvrir au plus vite. En dehors du village très touristique en été dont la principale curiosité réside dans les maisons suspendues, Pont en Royans est aussi la porte d’entrée des gorges de la Bourne, une route touristique avec des passages étroits et spectaculaires. Les grottes de Choranche sont aussi à proximité. Vous comprenez donc ce regain d’intérêt ?

Maisons suspenduesMaisons suspendues

7. Fort Queyras

Le petit dernier de cette liste sera vraisemblablement celui où vous passerez le moins de temps. En effet, seul le château Fort Queyas vaut le détour, tandis que la balade dans le village à proximité sera rapide. L’environnement exceptionnel facilité par les routes des cols d’Agnel ou d’Izoard vont feront prendre la poudre d’escampette. Quant au fort en lui-même, il date du XIIIème siècle et fut rattaché au Dauphiné en 1265 avant que Vauban ne procède à des améliorations. Il est dorénavant possédé par des propriétaires privées.

Fort-QueyrasFort-Queyras