Sommet emblématique du parc régional des Bauges, la pointe de l’Arcalod du haut de ses 2217m se distingue aisément de loin et c’est naturellement que les randonneurs, que cela soit à la journée ou pour plusieurs jours, viennent fréquenter ses pentes. D’autant que la réserve nationale de chasse et de faune sauvage des Bauges introduit une sorte de zone sauvage réglementée pour le bonheur de la faune et flore, quitte à restreindre les libertés de circulation.

Bon nombre de sentiers de randonnées permettent de découvrir le massif mais rares sont ceux proposant des parcours balisés sur plusieurs jours, en dehors du « GRP Tour des Bauges » et du Tour de l’Arcalod. L’accès est relativement simple depuis la charmante bourgade de Jarsy à environ 50 min de route des villes du coin: Albertville, Annecy, Aix-les-Bains et Chambéry.
Départ de Jarsy devant le Trélod sous les nuagesEcole devant le ColombierLe Trélod depuis Jarsy

Le Tour de l’Arcalod, un itinéraire facile à suivre

Bien que j’avais embarqué une carte topographique, elle ne fut pas nécessaire tant le balisage est clair tout au long du sentier présentant un dénivelé positif de 1500m au total pour 10h30 de marche estimés. Les acharnés peuvent aisément boucler le tour en une journée mais c’est alors se priver de la jouissance d’un bivouac dans les lieux autorisés ou d’une nuit dans le chalet d’Orgeval (gardé en été) ou de Bonverdan (non gardé). Un espace en dehors de la réserve peut être utilisé pour les bivouacs à environ 300m du col d’Orgeval, à l’intérieur de ce périmètre, le bivouac est strictement interdit et les gardes-chasses veillent au grain, attention donc.

La difficulté de l’itinéraire est modérée avec peu de technicité en général excepté la partie entre le col d’Orgeval et le Pas de l’Ours. Pour preuve, j’étais équipé de simples chaussures de trail. En ce milieu de mois de mai, la neige était encore présente sous forme de névés épais sur les hauteurs tandis qu’une bise du Nord a rafraichi l’atmosphère pour donner des conditions de marche plutôt fraiches pour une petite balade de deux jours, ce qui n’était pas sans m’arranger. Je n’aime pas marcher sous la chaleur, l’expérience du Drakensberg est encore dans mon esprit.
Le Trélod depuis le col de ChérelBalcon est de l'ArcalodLes paturages d'OrgevalL'Arcalod dominant la pistePaturage du vallon de Bellevaux

Une atmosphère quelque peu … givrée

Cependant je ne m’attendais franchement pas à rencontrer des conditions froides pendant la nuit en tente que j’ai passé à proximité du col d’Orgeval à 1700m. Au lever du jour, la tente était complètement envahie de givre et d’après les relevés météo, il a fait -4°C cette nuit là. Même en dehors de la nuit, « la bise du nord » refroidissait tout sur son passage dès que j’arrêtais toute activité et c’est ainsi que je n’ai pas quitté ma veste coupe-vent en altitude.

Un comble pour le mois de Mai !

Mais la plus grande péripétie provient plutôt du passage délicat entre le col d’Orgeval et le Pas de l’Ours avec le franchissement de plusieurs névés dans des pentes, disons le raides.

La situation n’était pas très favorable de mon côté: j’ai déjà eu un accident en montagne suite à une glissade sur névé des sérieuses brulures au second degré pour 1 mois et demi de soins à base de graisse, j’étais équipé de chaussures de trail avec des crampons plus fins que des chaussures de montagne et l’évaluation de ces pentes ne me laissait pas sans inquiétudes malgré des traces de pas signifiant des passages. Mais je disposais de deux armes: mon expérience et les bâtons de marche fort utiles. C’est avec une concentration optimale que j’ai affronté ces passages et c’est bien évidemment le dernier névé qui fut le plus compliqué (il est visible au fond sur la 4ème photo ci-dessous). En effet il coupait en deux le sentier m’obligeant à contourner le névé par le bas sur le pierrier raide et glissant avant de remonter en puissance pour ne pas reculer sous l’effet de la neige fondante.

Nevé persistant après le col d'Orgeval et les Aravis au fondBivouac près du col d'OrgevalNevé persistant après le col d'OrgevalNevé persistantCombe d'IreMon ressenti

Cette balade sur deux jours fut plaisante et la période pré-estivale est idéale afin d’éviter la foule et la chaleur de l’été. Bien que l’on peut se contenter de la simple boucle depuis Jarsy, des variantes en « soleil » sont tout à fait possibles, dont notamment la pointe de Chaurionde et même de l’Arcalod mais les névés persistants de cette année rendaient les ascensions périlleuses. Les paysages sont variés, entre prairies, forêts, rivières apaisantes, le lac d’Annecy visible au loin, le hameau de Rière Bellevaux et alpages d’altitude sans que le décor ne soit trop alpin. J’entends par là que la verdure reste toujours présente et le minéral reste réservé aux altitudes les plus hautes du massif tandis que les sommets en forme de pointe peuvent impressionner.

Torrent tumultuant à la fonte des neiges en valléeHameau de Rière BellevauxHameau de Rière BellevauxLac d'Annecy depuis les pentes de l'ArcalodTracteur dans hameau de Carlet

En résumé le tour de l’Arcalod est une belle halte montagneuse le temps d’un WE.