Alors, vous le savez, à partir de mi-août je vais m’envoler pour 7 mois de voyage. Au départ, je n’avais pas du tout prévu de rédiger quelconque billet sous forme de conseil. Mais ce qui a amené à rédiger ce billet est la répétition récente dans mon entourage d’une même phrase:

Mais t’es encore parti toi ? T’es tout le temps en vacances, comment fais tu ?

En fait, c’est assez simple: cela demande un peu d’organisation et surtout de vouloir mettre en avant ce mode de vie. Dans mon esprit: chaque jour de congé est utilisé, même si c’est pour rendre visite à ma famille/amis. Hors de question de rester dans mon petit appartement de 30m² ^^

Procédons par étape:

  1. D’office, consulter le calendrier de l’année à venir, pour connaître d’avance les jours fériés et c’est très important. Vous n’imaginez pas le gain de jours de « vacances » qu’il est possible de faire. Ainsi en 2012, je suis parti 3 semaines entières (du samedi au dimanche) dans les Balkans, en ne posant que 12 jours de congés.. Eh oui, car il y avait dedans: le 1er mai, le 8 mai et le jeudi de l’Ascension. En France, il y a 11 jours fériés et avec un peu de chance, vous tombez sur des années fastes ou ces jours tombent en fin ou début de semaine (comme en 2012 et 2013).
  2. Ainsi en fonction du calendrier, essayez de dégager les jours fériés qui sont collés à un WE. En 2013, notons que le 8 mai est idéalement placé avant le jeudi de l’ascension. Vous posez le vendredi 10 mai, cela vous fait des petites vacances du mercredi 8 mai au dimanche 12 mai en ne posant qu’une seule journée ^^
  3. Vous voyez comment procéder petit à petit ? Donc il vous faut connaître le solde de vos congés et « calculer » (oui c’est chiant, je sais, mais quand on aime, on compte pas et pour narguer les gens, ça passe par là ^^) ce qui va vous rester. En priorité, soldez vos RTT (si vous en avez) qui sont normalement perdus, tandis que les CP sont conservés d’une année à l’autre. En général, les grosses possibilités de gains sont en Mai ET en Novembre (les 1er et 11).

vol retour

Maintenant vous avez fait des gains sur des jours fériés, voyons ce qu’on peut encore faire:

  1. Partir coute que coute le soir-même, plutôt que le lendemain matin. Cela marche assez facilement si l’on se déplace en train dans un même pays. On fait son sac qu’on emmène au boulot et on file direct à la gare en partant un peu plus tôt que d’habitude (la veille d’un « pont » c’est plus calme en général). On préviendra bien sur le tenancier de notre arrivée tardive, mais au moins, le lendemain matin, on est déjà sur place.
  2. Même topo pour le retour, il s’agit de rentrer tardivement avant de reprendre le travail le lendemain matin. Alors, pour les parisiens, attention, au delà d’une arrivée à 23h30 cela devient limite en cas de pépins. Vous pensez que ça vous fait tard ?? Eh bien, je vous pose la question suivante: à quelle heure vous couchez vous habituellement ? En gros, vous verrez qu’il n’y aura pas tellement de décalage. Il y aura probablement une fatigue du à ce rythme intrépide, mais c’est une habitude que j’ai personnellement prise. Bon j’avoue, je suis rentré deux fois à 3h du matin en 2012 à cause de la SNCF ^^
  3. En avion, partir dès le soir marche moins bien, mais partir dès le lendemain aux premières heures est envisageable, ainsi qu’un retour en fin de journée aussi avant de reprendre le travail le lendemain. Le repos attendra le WE prochain ^^ C’est sur, il faut aimer les changements brutaux de rythme, cela ne convient pas à tout le monde.
  4. Une dernière astuce mais qui ne marche qu’en train/bus. Il s’agit de prendre les trains/bus de nuit. C’est imbattable au niveau optimisation ^^ Vous partez juste après la journée de travail, profitez sur place de journées entières et rentrez juste avant de reprendre le travail. Effectivement en France, la qualité du service SNCF pour les trains de nuit laisse à désirer (j’y ait toujours dormi par à coups) mais quid des autres pays ?? Une année, j’ai été au ski pendant 4 jours entiers, en ne prenant que 2 jours de congés en voyageant de nuit. Une semaine typique au ski nécessite 5 jours de congés, pour 6 jours de ski. Voyez la différence.

Vous comprenez bien, que plus vos « séjours » sont court, mieux  vaut aller moins loin et de prendre « simplement » un train à grande vitesse, ce qui peut suffire au dépaysement. Ainsi pour 3/4 jours de break, Bruxelles, Amsterdam, Cologne, Londres, Lausanne sont des destinations desservies en TGV.. Pour des durées plus longues, libre à vous de choisir, mais pensez au temps de vol nécessaire. J’aurai envie de dire, pour 1 semaine de break, rester en Europe est bien. Pour plus longtemps, vous pouvez vous permettre de sortir du Vieux Continent.
En train vers Belgrade
Pour le moment, je n’ai parlé uniquement des optimisations au niveau du calendrier, parlons un peu maintenant de l’optimisation au niveau des finances, car c’est bien de vouloir voyager, mais s’y prendre à l’arrache devient vite ruineux ^^ Quelques astuces:

  • les réservations TGV en France ouvrent majoritairement 3 mois à l’avance (le service IDtgv et Ouigo ont leur propre système un peu arbitraire) et il s’agit d’être au taquet dès minuit car les places les moins chères en Prem’s partent très vite. Cependant il faut être sur de son emploi du temps, ainsi que savoir et avoir envie de « planifier » ce qui ne convient pas à tout le monde… Sinon, vous trouverez peut être votre bonheur sur Trocs des Trains.
  • prendre une carte de réduction à la SNCF, Carte Jeune donnant le droit à maximum 50% de réduction pour les moins de 27 ans révolus et la carte Week End valable les WE et offrant jusqu’à 40% de réduction.
  • dès que vous avez une idée de voyage sérieuse nécessitant un transport en avion, ruez-vous sur l’offre pléthorique de comparateurs de vols pour trouver des offres vous convenant. Là aussi, il s’agit de s’y prendre à l’avance pour avoir des prix moins chers, quoique cette règle reste à confirmer ^^ Ou à l’inverse, allez sur des sites proposant des offres de dernière minute !
  • Reste maintenant le logement: je vais pas vous la refaire, les voyageurs habitués connaissent bien Hostelworld (réseau de petits hôtels et auberges de jeunesse), Couchsurfing ou encore une bonne vieille méthode à l’arrache: on embarque la tente et si on trouve pas un emplacement « naturel » (camping ou site de bivouac), on ira sonner aux portes pour occuper un petit bout de jardin.
  • Enfin, je vous recommande de lire cet excellent article de ma consoeur Lucie de Voyages et vagabondages  donnant des méthodes et astuces pour bien économiser. Bien sur, à chacun d’y trouver son compte et juste milieu.

Tramway@Belgrade

Il reste toujours quelques autres solutions assez peu conventionnelles mais néanmoins envisageables selon les cas:

  • choisir volontairement de travailler dans un organisme d’Etat, en général plus généreux en ce qui concerne les congés. Notons que cela s’applique aussi aux banques, mutuelles et autres grandes entreprises (en France). C’est un choix que certains (même pas mal) font.
  • travailler plus pour se constituer un « crédit » d’heures supplémentaires, dans les cas ou cela est possible (encore);
  • Selon les conventions collectives, des années d’ancienneté peuvent se traduire par l’obtention de jours de congés supplémentaires (voir ici).
  • Pour ceux qui veulent voyager au long cours, il existe le congé sabbatique, valable au bout de 6 ans d’ancienneté dont 3 dans la dernière entreprise (voir ici). Le congé sans solde peut être négocié si vous ne pouvez prétendre au congé sabbatique, mais cela ne sera pas encadré par la loi, il faut donc faire confiance à son employeur.

 

Vous le savez peut-être mais pour mon projet « Tramping in Oceania« , je ne pouvais prétendre au congé sabbatique, par manque d’années d’ancienneté. J’ai tenté de négocier un congé sans solde, sans succès, sans regret ni amertume. Au contraire, l’entreprise a apprécié ma démarche honnête en les prévenant à l’avance et en justifiant le projet qui a été tout à fait compris mais qui ne peut pas rentrer dans un cadre professionnel. En tout cas, la porte n’est pas fermée quant à un éventuel retour. Quant au budget, 4 ans de travail, un bon revenu et une bonne « gestion » financière acquise durant les années d’étude suffisent à se constituer un bon matelas.

Au final, posez vous ces questions: quelle priorité voulez-vous donner à vos envies de déambulation ? préferez-vous le tout à l’arrache ou vous organiser un peu pour ne pas vous ruiner ? Enfin, quel est votre rapport à vos dépenses/besoins et n’y a t-il pas des postes de dépense que vous pouvez réduire ?

Et vous, quels sont vos astuces pour profiter à plein des jours de congés ?