Contrairement à ce que suggère le titre de l’article, la croisière qui s’amuse en Norvège n’est malheureusement pas celle du célèbre Hurtigruten bien que cela semble évident. Pour des raisons pratiques et financières, il est plus facile de s’amuser sur les indénombrables ferrys qui agencent la vie de millions de norvégiens sur leurs routes.

Petit tour d’horizon.

Le gain de temps considérable

Rater le dernier ferry pour un tout petit trajet peut revenir à rallonger le trajet de longues minutes, le temps de contourner le fjord ou les îles. Magnifique bien entendu, mais les norvégiens contrairement à des badauds en vêtements flashy et appareil photo en bandoulière, aka touristes, ne perdent pas leur temps à jouer les touristes.

Un autre exemple réside en la liaison Bognes-Lødingen qui en 1h de traversée permet pour tout ceux venant des Lofoten, îles Vesteralen et Harstad de squizzer la très passante E10-E6 pour plus de 230 km de contournement, fjord de Narvik inclus ! En Hiver, cela arrange grandement la vie des camionneurs, qui au lieu de se risquer à patiner dans les virages, se reposent en paix dans le ferry.

S’il passe bien entendu.

Passager mangeant une glaceVue depuis l'intérieur du ferryAu loin, l'arrivée sur l'île de SenjaLa cabine de commandement du ferry

Un port est un port, point.

Bien évidemment que vous vous pointez à pied, en véhicule, en fauteuil roulant ou à vélo à l’attente d’un ferry, c’est toute une ambiance portuaire qui vous accueille malgré bien souvent des infrastructures absentes. Éventuellement une cabane rouge histoire d’apporter une couche romantique mais le sens pratique des norvégiens l’emporte encore puisque les horaires de passage sont toujours affichés et respectés. Le vent a parfois raison de votre courage pour humer l’air si ce n’est la pluie et le froid. L’attente du ferry se fait finalement dans le confort de la voiture, probablement neuve comme c’est monnaie courante en Norvège.

Pas de quoi pavoiser hein ?

Toutefois, un terminal comme celui de Lødingen brasse tellement de monde qu’une station service et nombre entrepôts donnant un peu de vie sont avoisinantes. Un auto-stoppeur peut s’y trouver là en espérant y trouver un lift, non pas vers le ferry mais la sortie, surtout si le port comme celui de Lødingen, encore, est placé dans un foutu cul-de-sac.

Passagers en contemplation et dans l'attentePassagers en contemplation et dans l'attenteLa cabine de commandement du ferry

Arrêtez tout, c’est beau dehors

Une fois embarqués dans le dit moyen de transport tractée par la puissance des turbines et dirigée par le gouvernail, il est immanquablement difficile de se concentrer sur autre chose que le paysage. Osons généraliser à la Norvège, les contestataires peuvent toutefois argumenter en bas de l’article.

Les gens, tout bords confondus, regardent béat les montagnes parfois enneigés venir plonger dans l’eau. Tout est prétexte aux prises de vue photographiques immortalisant cette croisière où finalement on contemple plus qu’on ne l’on ne s’amuse. Si le beau temps, par magie, est de la partie alors cela ne sera pas depuis les fenêtres que les badauds contempleront le paysage mais depuis le pont supérieur, cheveux au vent, là encore prêts à dégainer les appareils photos.

Les équipements de secoursPassager prend en photo le sommet du MøysalenPassagers en contemplation et dans l'attente

Le ferry, une vie à part entière

Pour des trajets ne dépassant pas une heure et demie, le ferry est aussi une halte bienfaisante sur la (longue) route, les camionneurs prennent leur pause repas et les gens fatigués font une sieste. C’est aussi le temps de se ravitailler à la mini cafétéria où l’on trouvera toujours le triptyque hot-dog, café et viennoiseries. Et bien entendu des serveuses blondes avec un sourire rayonnant au moment d’encaisser les deniers. Mais hors de question de se laisser piéger par la nourriture succulente et de détourner les yeux: la glace est avalée nonchalamment, le café jamais loin de la bouche et plateau repas s’il y a, alors le badaud se place sur une table procurant la meilleure vue.

Jusqu’à ce que le débarquement arrive plus vite que prévu.

Et c’est reparti pour le bitume.

Jusqu’à la prochaine croisière où bien entendu on ne manquera pas de s’amuser.PhotographeUn porte-charges notamment pour personnes handicapées