Avec près de 200000 habitants, Turku est la 6ème ville de Finlande. Située au sud-ouest du pays, elle est réputée pour attirer de nombreux touristes locaux en transit vers le vaste archipel éponyme de près de 40000 îles, ou encore vers l’état libre d’Åland. Après une très courte embardée à Helsinki, je me suis dirigé tout plein de curiosité vers cette ville, dont il faut bien le reconnaître, je n’avais jamais entendu parler avant.

Timo et Larisa, deux couchsurfeurs m’accueillent dans leur demeure étudiante en bordure du centre-ville. J’arrive chez eux après une après-midi à flâner dans le centre-ville et à faire des siestes sur les berges de la rivière Aura. La journée du lendemain est propice pour continuer la balade citadine mais Timo, affirmatif m’indique que:

le tour de Turku, tu l’as déjà fait !

Il ne me reste que quelques centres d’intérêt à voir, mais comme il le souligne si bien, Turku, on y passe mais on ne s’y arrête que peu. Pour moi, c’est l’occasion ou jamais de m’immiscer dans le quotidien des gens et d’observer ce qu’il se passe. Timo et Larisa en bons habitués de Couchsurfing savent très bien me délivrer les secrets de la ville, qu’ils cherchent à quitter à terme. Trop peu d’activités qu’ils me disent.

1. Il y a un marché tous les jours et même en après-midi

Sur Turun Kauppatori, le marché relativement petit propose fruits et légumes. Mais si l’on regarde plus en détails et surtout pendant la période estivale, c’est la vente de baies et de champignons qui fait son succès. Ces deux produits, accessibles en pleine nature et sans culture particulière sont vendus sans aucune imposition. C’est une application directe de la jokamiehenoikeus. Inutile de préciser que même au sud de la Finlande, les légumes et fruits ne sont pas particulièrement cultivés, compte tenu de la position septentrionale du pays. En revanche, il existe un peu de fromage local, mais surtout du lait. Pour en revenir aux baies, début août ce sont les populaires myrtilles ou mustikka qui peuvent être abondamment cueillies dans les forêts. Elles sont vendues 4€ le kilo et constituent un excellent repas avec tous leurs apports en vitamines et minéraux !

Mustikka, les belles myrtillesBananesMarché de TurkuMarché de Turku

2. Turku, la plus ancienne ville de Finlande

Oui mais.

Avec une cathédrale et un château construits au XIII et XIVème siècles, on pourrait penser que la ville regorge de patrimoine. Enfin, fut ce mon cas. Avec ironie, Timo me présente la cathédrale dont la vraie partie historique n’est que le bas avec les pierres apparentes. Tout le reste fut reconstruit plusieurs fois avec les incendies ou destructions. Quant au château dont j’avais l’intention de visiter, il me le présente comme vide et là aussi, en grande partie restaurée. Voilà pour les traces de l’Histoire de la ville la plus ancienne de Finlande, qui globalement est moderne. Il n’y a pas de vieille ville, comme par exemple à Stockholm.

La raison ? Je vous explique ci dessous La cathédrale de Turku

3. Turku a été brulée en grande partie

En 1827, un grand incendie ravagea les 2/3 de la ville. La petite partie des maisons non brulées a été conservée dans leur état original et est maintenant exposée dans le musée open-air Luostarinmäki de Turku. Proche du centre-ville, c’est l’occasion de se retrouver au calme. La visite expressivement conseillée par Larisa offre la possibilité à chacun de redécouvrir les ateliers du boulanger, du ferrailleur, du bucheron, du postier, du cordonnier comme à l’époque et de pouvoir directement poser des questions aux gardiens des différentes maisons. La plupart contiennent des poêles à bois placés au centre de la pièce principale. La construction de certaines maisons poussaient le vice jusqu’à mettre un plafond exagérément bas pour favoriser la montée de la chaleur à hauteur des têtes.
Musée de l'artisanat LuostarinmäkiMusée de l'artisanat LuostarinmäkiMusée de l'artisanat LuostarinmäkiMusée de l'artisanat LuostarinmäkiMusée de l'artisanat Luostarinmäki

4. Turku, une ville de vélo !

Ici, l’objet que la plupart des gens trimballent avec eux n’est pas le sac à dos/main, mais bel et bien le casque ou le cadis de vélo. J’avais entendu parler d’Amsterdam, je connaissais Copenhague et Stockholm mais bien que Turku soit d’une taille modeste, elle n’a pour moi, rien à envier à ses copines du Nord. Les berges de la rivière Aura se prêtent parfaitement à une balade en vélo, les nombreux pavés un peu moins, mais à ce que j’ai vu, cela n’a pas l’air d’embêter grand monde ! Encore une fois, je trouve cela tellement agréable d’avoir ce cadre de vie. Utiliser un moyen de transport propre, qui vous fasse du bien ET à la planète. Pour vous dire à quel point ils poussent le bouchon, on trouve même des bornes de réparation de vélo en libre accès ! Piste cyclableParking à véloTurkuLes quais de Turku à l'ombre

5. La ville est (légèrement) vallonnée

Il y a une vieille légende qui court, disant que la Finlande est un plat pays. Entre les nombreuses côtes, je dirai que oui. Mais quand il y a des côtes, elles ne font pas semblant ! Autant la ville est agréable à sillonner à vélo, autant il faut enclencher les bons pignons pour avaler les côtes. Même à pied, les côtes se font sentir.

Alors au final, pour l’avoir vu partout, la Finlande n’est pas tout à fait plate.

Rue vallonnée de Turku

6. Il existe un ferry gratuit pour traverser la rivière Aura !

Alors que je gambadais le long de la rivière Aura, notamment vers le château de Turku, je suis tombé, un peu estomaqué sur un ferry gratuit qui permet de changer de rive de la rivière Aura. Donc au lieu de pédaler quelques centaines de mètres vers le prochain pont, vous n’avez qu’à attendre le petit ferry qui effectue des rotations en continu, modulo qu’il soit relativement plein. J’ai donc profité de cette aubaine pour tenter l’expérience insolite (pas très extrême, on est d’accord)

Ferry pour franchir la rivière Aura

7. Des bars et restaurants sur des bateaux

Pour ceux qui n’ont pas le mal de mer, ou préférant utiliser ce prétexte pour masquer leur état d’ébriété, une longue série de bateaux abritant des bars et restaurants se succèdent sur les rives de la rivière Aura. Cela donne un cadre bien plus agréable que des terrasses dans la rue puisque la place ne manque pas sur les berges pour tout attroupement. En cas de pluie, cela sera la promiscuité qui sera de mise à l’intérieur même des bateaux. Si une fête doit se dérouler dans les cales, pour l’avoir vécu bien auparavant c’est une autre histoire ! A l’orée des beaux jours et des nuits tombant très lentement, vous pouvez être certain d’y trouver une ambiance chaleureuse, cosy dès lors que les décorations lumineuses des bateaux s’activent.

Vous préférez rester les pieds sur la terre ferme ? Pas de soucis, toujours sur les berges, vous trouverez refuge dans des cafés, boutiques et même un musée de la Pharmacie.
Les quais de TurkuLes quais de TurkuTurkuLes quais de Turku

8. Turku, une ville proche de la nature et de l’eau

Que cela soit sur le toit de l’immeuble de 15 étages de mes hôtes, sur les berges en herbe, ou encore sur le sentier en caillebotis longeant la rivière, j’ai véritablement senti une proximité de la ville avec la nature.

Sur le toit de l’immeuble, les forêts recouvraient presque les petits immeubles. Sur les berges en herbe, nombreux étaient les gens à bouquiner, à se reposer, à jouer, le tout souvent pieds nus. Sur le sentier en caillebotis longeant la rivière Aura, les gens couraient à pieds ou se promenaient tout près d’espaces humides, non loin de la ville.

Timo m’indiquait que lors de toute construction, les arbres rasés correspondaient à la superficie juste nécessaire pour la maison au lieu de tout raser et de replanter par la suite. C’est pour cette raison que les forêts sont omniprésentes. Sans compter l’archipel accessible très facilement en bus. Nous devions aller pique-niquer à Naantali mais la pluie aura eu raison de nous.
Avironneurs sur la rivière Aura

Il y a toujours bien quelques petites choses que j’aimerais rajouter dans cet article mais je n’ai pas de photos pour les étayer. Je pense notamment aux grandes maisons en bois qui sont découpées en plusieurs appartements. Le côté pratique est d’avoir des parties mitoyennes pour conserver la chaleur ainsi que de mutualiser l’accès à un jardin et à d’autres ressources.

Le dernier point et non des moindres, c’est qu’à plusieurs fois, on est venu me dire que les habitants du sud étaient des « nuts », notamment dans leur façon de parler, un dialecte finnois pas forcément bien compris ailleurs.

Voilà ce que je peux vous dire sur Turku après 2 jours et demi d’observation.