On m’avait pourtant prévenu que bivouaquer sur le plateau d’Emparis ne laissait personne indemne.

Et ça n’a pas loupé.

Le mot « magie » est bien adéquat. Le plateau et ses lacs donnant vue sur le parc national des Ecrins avec comme point d’orgue, le prestigieux sommet de la Meije est tout bonnement un îlot paradisiaque sur terre. Il m’est difficile de ne pas bercer dans les superlatifs à la marseillaise, mais pour le coup cela est presque justifié.

Une nouvelle attraction magnétique ressentie à plus de 2400m d’altitude.

Un havre de paix relaxant avec un étourdissant reflet figé du lac Noir au petit matin.

L’identification de deux sons de « silence » différents: celui du soir et celui du matin. Celui du matin augurant l’arrivée de la pluie. Qu’il est bon de se sentir bestial lorsque ces ressentis deviennent évidence.

Les alpages rappellent la liberté de la vie en ermitage aussi bien pour les Hommes que les animaux élevés. Nombreuses sont les cabanes de bergers et de vachers au teints burinés par les coups de soleil et la vie dure.

Ont-ils envie de redescendre à la fin de l’été ? Je ne crois pas, non.

Bivouac sur le lac Noir en face de la MeijeBivouac sur le lac Noir en face de la MeijeRandonneur admirant la vallée de la RomancheLa Meije depuis le Lac Noir au coucher de soleilLa Meije depuis le Lac Noir au petit matin

Un plateau prestigieux qui se dresse à tout campeur bravant les sentiers bien tapissés tant ils sont facilement accessibles.

En effet, sa fréquentation est son seul défaut. Mais dès que le soir arrive, tout se vide et c’est précisément là qu’il se révèle. Depuis le Lac Noir et quelques minutes de marche vers le précipice, la vallée de la Romanche se découvre, le col du Lautaret se devine presque au fond. Les célèbres stations alpines de l’Oisans sont dans les parages, les deux Alpes et l’Alpe d’Huez pour ne citer que ceux-là.

Cette soirée là, après avoir bravé une chaleur pourtant modérée mais que mon physique ne supporte décidément pas, j’étais bien.

Dans mon élément.

Je suis câblé pour l’effort physique qui débranche mon cerveau, pile électrique en temps normal. Je suis câblé pour intérioriser les choses et ressentir au mieux les offrandes de la Nature. C’est pourtant difficile à faire comprendre aux gens qui me regardent avec des gros yeux quand je leur dis: J’aime partir seul. De temps en temps revenir aux sources.

Le plateau d'EmparisLe plateau d'EmparisVers les Grandes RoussesEn route vers le plateau d'Emparis

Son surnom, c’est la Petite Mongolie

indique la tenancière d’un refuge dans lequel je me ravitaille en eau avant la nuit. 3L est un minimum sans compter la toilette nécessaire en utilisant l’eau du lac Noir pour évacuer toute la crasse accumulée sous la chaleur.

En été, avec l’herbe bien séchée, le plateau prend des airs de steppe mongole, sans un pet d’arbre à des kilomètres à la ronde. La liberté est totale, évoluer comme bon semble est possible, seuls les parois rocheuses et les enclos sont des obstacles. Il est plus simple de rester sur les sentiers si bien marqués que finalement s’y promener en chaussures de trail n’est pas incongru.
En route vers le plateau d'EmparisEn route vers le plateau d'EmparisEn route vers le plateau d'Emparis

C’est peut-être bien pour cela que la Petite Mongolie prend un air particulier dans mes souvenirs, elle me rappelle les steppes de l’île d’Olkhon en Sibérie, les tussocklands de Nouvelle-Zélande ou encore le veld du Lesotho.

En quelques détails pratiques, le tour du plateau est aisément faisable en une journée d’été: 9h de marche pour environ 20 km avec un dénivelé de 1000m à la louche, sachant que les points de départ sont relativement hauts. Au final, le bivouac n’est qu’un prétexte pour profiter au mieux du cadre. Cela laisse d’autant plus de temps pour fouiller dans les moindres recoins.

A votre tour d’y aller !

Panorama Pic du Mas de la Grave

Cliquez pour voir le panorama en plus grand !