Les débuts

Plus jeune, j’avais toujours été impressionné par ceux qui faisaient du stop. Devant mon frère, relatant son tour de l’Irlande en auto-stop en 1999, ma réaction, comme tant d’autres fut la suivante:

Olalalal, quel truc de dingue !! Comment fais tu pour ci, pour cela ?.. olalla, faut avoir confiance et tout et tout. T’as pas peur d’arriver à la bourre et tout, de te faire massacrer ?

Mais voilà, l’idée était germée. Séduisante idée du vagabond allant de l’avant, cheveux au vent au hasard des lifts qui lui sont offerts.

Alors, à Gällivare après le trek sur la Padjelantaleden, hésitant entre le train et l’auto-stop, je me suis donné pour objectif d’au moins essayer d’arriver à Narvik, 300 km plus au nord-ouest et un passage de frontière. Sans strictement aucune idée de comment cela allait se dérouler, je marchais le long de l’E45-E10 jusqu’à trouver un « spot » potable pour tendre le pouce. Et 20 minutes plus tard, paf, une voiture qui s’arrête.

Et ce fut le début de la fin.

Hymne à l’improvisation, apologie de la totale désorganisation, rencontres de destins variés et d’expériences nouvelles et stimulantes. Impensable par la suite pour ce long voyage de 7 mois de me déplacer autrement qu’en auto-stop, hors conditions météorologiques mauvaises et routes vraiment paumées.

Je précise juste que l’auto-stop fut un moyen de rencontres des locaux avant tout, même si sa gratuité offre bien des avantages.

Ok, mais dans le Nord, l’auto-stop ça marche ?

Euh oui.

En faite, cela n’est pas bien compliqué. Il n’y a pas 36000 routes, les villes ne sont pas grandes et selon les norvégiens:

northern norwegians are more friendly than the southern ones

Donc, plutôt prompts à aider un pauv’ gus en l’embarquant dans sa voiture. Cependant, quelques règles de bon sens à observer:

  • être propre sur soi: pas de chapeau, casquette, ni lunettes de soleil et bien habillé même en tenue de baroudeur;
  • respecter les gens avant tout et s’adapter à leurs façons de faire, sans jugement. Savoir aussi poser ses limites;
  • faire un zoli sourire avec le pouce bien tendu (oui, ça muscle le bras) pour chaque passage de voiture;
  • avoir une idée des routes et des villes que vous êtes censés suivre pour pas embrouiller les conducteurs;
  • avoir sur soi de quoi manger et de quoi boire;
  • être patient.. oui, être éternellement patient.. et surtout y croire;
  • ne pas hésiter à effectuer des demandes actives dans les stations-services ou si vous sentez un bon feeling lors d’une conversation;
  • pancarte, pas pancarte ? Les deux marchent, pour ma part, sans pancarte.

Pour information, voici les trajets effectués en stop:

  • Gällivare – Narvik;
  • Narvik – Tromsø;
  • Tromsø – Stonglandet sur l’île Senja;
  • l’île Senja

Des trucs rigolos ?

Oh oui, quelques histoires rigolotes à raconter.

  • un type m’ayant pris vers l’île de Senja connaissait le type qui m’avait emmené à Tromsø quelques jours avant (preuve par la photo ^^). Ils jouaient au foot ensemble !
  • le premier lift tout confondu était un polonais parlant très peu l’anglais et a presque failli oublier de me déposer à Narvik ^^
  • une norvégienne soixantenaire et non anglophone, de son plein gré, m’offre d’abord son terrain pour planter la tente, puis finalement une chambre
  • un norvégien me fera une pancarte pour arriver plus rapidement à Tromsø sur la partie verso d’une petite annonce qu’il allait initialement agrafer sur un mur ^^
  • Apprendre des blagues norvégiennes:

Norway ? 9 months winter, 3 months skiing

Plus que des trucs rigolos, c’est surtout le sentiment d’être réellement en immersion, d’apprendre beaucoup sur un pays, sur les gens et que tout petit à petit, tout devient possible !

Honneur à ces gens qui ont filé un coup de main:

Polonais conducteur auto-stop

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Norvégien conducteur auto-stop

Et puis, passer une frontière en stop, c’est pas la classe ? Les paysages sont très spectaculaires entre Kiruna en Suède et Narvik en Norvège. Des grandes plaines lapones aux forêts boréales en passant par les fjords norvégiens et les montagnes autour d’Abisko !
Forêt de la Laponie

La Laponie vue de la voiture

La Laponie vue de la voiture

Passage de la frontière suédo-norvégienne