Depuis longtemps, oh oui, très longtemps, j’avais cette idée en tête: effectuer un trek en Laponie suédoise et d’une manière générale, dans d’autres endroits se trouvant bien au Nord. Habitué des randonnées à la journée mais inexpérimenté en trek, il a fallu deux ans pour m’équiper, m’échauffer sur d’autres parcours (voir ici) avant d’être « prêt » pour ce rendez-vous.

D’abord attiré par le classique Kungsleden, mon choix se porta plus tard sur le plus sauvage et moins connu Padjelantaleden. Il ne s’agit pas vraiment d’une aventure et la marche s’est déroulé sans encombres (en dehors de la « catastrophe« ). Plutôt que de vous faire un classique récit linéaire, je vais vous présenter ce qui fait les aspects de ce très beau trek en espérant vous convaincre d’y mettre les pieds !
Vallée du parc national de PadjelantaCoucher de soleil à StaloluoktaUn delta d'une rivière comme parmi tant d'autresMarquage du sentier Padjelantaleden

Quelques mots sur la Padjelantaleden

D’une longueur de 160 kilomètres en pleine nature et sans accès à la civilisation, ce sentier démarre de Kvikkjokk (accès en bus depuis Jokkmokk) pour se finir à Ritsem (accès en bus depuis Gällivare). Au début et également à la fin du trek, il faut emprunter une barque/bateau payants (tarifs non indiqués car ils changent d’une année à l’autre). Deux embranchements sont possibles sur le sentier, la séparation se faisant une journée et demie avant la fin:

  • Vaisaluokta (accès plus montagneux);
  • Akka (accès plus forestier).

Pour les deux cas, il faut compter entre 6 à 9 jours de marche, en fonction de votre habitude à marcher, de la météo et du temps que vous voulez prendre. Il faut donc porter dans le sac à dos, autant de jours de nourriture que vous avez prévu de marcher car aucun ravitaillement n’est possible. Seuls certains refuges proposent de quoi dépanner, moyennant finance. Par ailleurs, les refuges sont d’un réel confort mais sont payants (entre 20 et 30€ la nuit et pas de réservation à effectuer, il y a suffisamment de place). Pensez à prendre une carte de réduction au STF ou YHA.

Intérieur du refuge SåmmarlappaEntrée du refuge SåmmarlappaIntérieur du refuge NjunesRefuge de Njunes

Le sentier est facile de manière générale, il y a peu de dénivelé et mis à part les marécages, les caillebotis potentiellement glissants et la boue à hauteur de chaussure, aucune difficulté technique n’est à attendre. Les rivières se traversent sur des ponts et en cas de très mauvaise météo, les refuges sont régulièrement espacés pour pouvoir s’abriter rapidement. Le sentier est facile à suivre et à marcher, tant le marquage au sol est tapissé par les traces de pas des randonneurs.Sentier Padjelantaleden

Par contre, il faut s’attendre à rencontrer de longs passages sur des caillebotis. Les puristes n’apprécient pas, mais c’est le meilleur moyen pour éviter les marécages ou pour traverser des ponts:Caillebotis sur les marécagesPont avec des caillebotisSentier parfois humide du PadjelantaledenCaillebotis sur le sentier de Padjelanta

Enfin, le balisage un signe orange, facilement repérable:
Marquage du sentier PadjelantaledenMarquage du sentier Padjelantaleden

A mon sens, il n’est clairement pas indispensable de se munir d’une carte topographique si vous restez strictement sur le sentier tant il est difficile de se perdre. Mais par sécurité, il est toujours préférable d’en emporter une. Celle ci couvre quasi entièrement la zone du trek: BD10 Sareks nationalpark.

Enfin dernier point: l’eau. Aucun problème, il y a de l’eau partout, entre torrents et rivières. N’emporter que 0.5L sur soi ne paraît pas incongru tant l’eau n’est vraiment pas un problème, il n’y a même pas besoin de la purifier.

Le paradis du camping sauvage

Grâce à l’allemansträt, le droit d’accès à la nature, permet en Suède de pouvoir bivouaquer à minimum 150m des premières habitations (enfin comme toujours, en théorie). Mais plus que les règles, le type de paysage, généralement ouvert, mais exposé aux aléas climatiques permet de camper un peu n’importe où. Cela apporte une grande liberté très appréciable et de choisir des spots de bivouac paradisiaques pour peu que vous soyez équipés en conséquence:
Bivouac "into the wild" en Laponie suédoiseBivouac paradisiaque au bord du lac VirihaureVue depuis la tenteRepas dans la tente

La faune et flore

Quand on pense Grand Nord, on pense aux rennes, loups, ours et aussi aux baies. Je n’y ait pas échappé !

Les rennes sont omniprésents sur le plateau désertique avant Staloluokta, impossible de les rater. Néanmoins, ils sont très sauvages et s’approcher à moins de 20m est très compliqué. Mon appareil photo étant ce qu’il est (un modeste Canon G1X 28/120mm), difficile d’obtenir des photos intéressantes des rennes:
Renne de LaponieRenne de LaponieRenne de Laponie

Il y a bien des ours en Laponie mais contrairement à leurs homologues américains, canadiens voir russes, ils n’ont toujours pas compris que les êtres humains pouvaient avoir de la nourriture sur eux ! Donc, ils se contentent de faire leurs timides, même si parfois ils laissent traces de leurs passages:
Crottes d'ours

Pour la petite histoire rigolote, ces crottes d’ours brun étaient proches d’un campement libre auquel je me rendais pour passer la nuit. Lorsque je vis les crottes en compagnie du gardien du refuge, j’ai préféré camper (et payer) près du refuge « par prudence » même si, une suédoise habituée du coin me sort:

Quoi un ours ? mais ça craint rien !

Tout comme de nombreux animaux, il existe un mythe autour des ours et il faudra bien s’y confronter un jour (ou pas) ! Néanmoins, rien n’empêche de piquer leur nourriture, après vérification (pour éviter de faire comme dans Into The Wild):
Baies (comestibles)Baies (comestibles..)

En pleine nature, isolé mais jamais vraiment seul

Quand on pense Grand Nord, wilderness, on pense systématiquement solitude et loin de tout. Sur la Padjelantaleden, c’est effectivement le cas, c’est désert mais il y a toujours ici et là quelques personnes. Les gardiens de refuge se font toujours un plaisir de vous recevoir, autour d’un café (éventuellement avec un kannelbullar) ou d’une discussion (qui potentiellement débouche sur un partage de saucisse ^^):
Gardienne du refuge de LåddejåkkåGardiens du refuge de NjunesGardiens du refuge de Vaisaluokta

En dehors de cela, je rencontrais une quinzaine de randonneurs par jour dans l’autre sens de marche et il se pouvait même de retrouver des randonneurs précédemment vus auparavant. Principalement des suédois, donc idéal pour en savoir plus sur le pays, plaisanter, connaître d’autres coins intéressants pour randonner (il faudra un jour que j’aille voir ce fameux delta de Rapadalen, considéré comme le plus bel endroit de Suède) et notamment gouter du renne séché !
Randonneurs suédoisRandonneur contemplant l'horizonPecheur emmenant les randonneurs au début du trek de PadjelantaRandonneurs à l'horizon !Randonneurs cuisinant au bord de la rivière

Enfin ici et là, des villages occupés principalement par des samis ou des résidences de vacances sont traversés par le sentier, notamment à Staloluokta, Arasluokta ou Vaisaluokta. Néanmoins l’accès se fait soit à pied, en hélicoptère ou encore en barque !Shelter sur la PadjelantaledenStuga à VaisaluoktaHabitat traditionnel de Laponie à ArasluoktaHabitat traditionnel de Laponie à Staloluokta

Les paysages

Place à ce qui fait l’intérêt de la Padjelantaleden.

Champs de toundra, forêts boréales, plateaux désertiques, larges vallées, lacs isolés, collines douces et formations montagneuses composent une palette assez large de paysages. En dehors de quelques forêts, c’est globalement ouvert et il est largement possible de sortir « off track » pour peu qu’on aime l’aventure… et les marécages ^^

S’agissant de ma première expérience dans un si grand espace naturel et bien que l’envie d’aller au pif me prenait (à la carte et boussole quand même), je suis resté sagement sur les sentiers battus.

Plus que les paysages en lui-même, c’est la météo changeante qui façonne les vues. D’un beau temps presque caniculaire (pour un givré que je suis) à la tempête du dernier jour, j’ai essuyé de nombreuses variations climatiques, sauf la neige (pas faute d’avoir prié ^^).

Allez zou, c’est parti pour des photos :
ArasluoktaDelta en amont du lac VirihaureMontagnes sous les nuagesLac VastenjaureVallée désertique du parc national PadjelantaRandonneur contemplant la valléeLac AkkajaureArc-en-cielPlaine désertique du parc national de PadjelantaRandonneur contemplant les montagnes du SarekVallée désertique du parc national de PadjelantaCoucher de soleil à Staloluokta, au bord du lac Virihaure

Alors, ça vous tente ?

Vous trouverez des informations complémentaires sur Randonner en Laponie Suédoise sur le site de la #TeamGivrés.