Août 2016

Je découvre enfin ce massif haut-alpin quasi inconnu du grand public et au nom bien mystérieux. Cette attirance remonte à un matin de Janvier 2012 où je parachevais une longue nuit dans un train en direction de Briançon, celui-ci s’arrêtant à la minuscule gare de Veynes-Dévoluy.

La légende était ainsi crée.

Le Dévoluy se découvre facilement et ce sans fioritures. Certains, horrifiés par le vide omniprésent y chercheront des traces de civilisation quand d’autres y trouveront une forme de renaissance. Le territoire est entièrement rural, aux commodités courantes quasiment absentes, le moindre péquin devant rouler des kilomètres pour atteindre un supermarché digne de ce nom, en dehors d’une modeste épicerie dans le chef-lieu.

Oui, car il n’y a qu’un village qui couvre tout le massif: le Dévoluy et ses divers hameaux.

1000 habitants, ça calme.

Survoler le massif en voiture ne suffisait pas, je voulais y marcher. L’attraction magnétique des grands espaces purs et la forme du relief laissant l’horizon se découvrir font effet. Encore.

Octobre 2016

Après 3h de route de nuit depuis la Savoie, j’emprunte un petit chemin forestier repéré pour passer la nuit calfeutrée sur un matelas à l’arrière de ma Camping Kangoo. En effet, j’ai repéré une petite balade sympathique de deux jours en boucle: le tour des Aiguilles.

Et ça donne ça.
Dernières pentes du col du Charnier sous le givreAu col du Charnier à la fraîcheDescente du col du Charnier sous le brouillardLe col des Aiguilles vers l'intérieur du DévoluyMontage de la tenteMontage de la tenteLe lac du LauzonPente raideVue sur le vallon de la Jarjatte

Si du côté intérieur le massif du Dévoluy donne l’air d’un plateau ouvert aux vastes pâturages, le versant extérieur est abrupt et raid. Il suffit de regarder la trace GPS du parcours pour s’en convaincre.

Cette délimitation marque une « frontière » naturelle entre les Hautes-Alpes et la Drôme, enclavée du reste du département, ou l’Isère plus au Nord. Les aiguilles illustrent bien ce bouleversement géologique: si la montée du col éponyme, logiquement dominée par des aiguilles se fait aisément depuis le col de Festre, la descente vers le vallon de la Jarjatte, paradoxalement située dans le PNR du Vercors, le massif voisin, est une autre paire de manches technique. Le tracé finit par se diluer parmi les nombreux éboulis franchis et peu confiant dans la direction à prendre, je me suis retrouvé à jardiner hors piste dans une direction qui me semblait, à tort, plus sécurisée avant de comprendre ma bêtise -encore une fois. Ce qui me semblait une voie de non retour était bien le sentier !

Charge aux randonneurs croisés d’y trouver des points de comparaison: Mais c’est que, c’est casse-gueules comme en Corse par ici !

Où est le col ?L'ascension du col des AiguillesLe col des Aiguilles vers la JarjatteUne aiguille du Dévoluy

A mon sens, l’automne est la saison idéale pour randonner en montagne.

Déjà parce que chez moi l’équation chaleur + sac chargé + effort physique = bonhomme KO. Mon corps est tout simplement inadapté à supporter un effort de longue durée au delà de 15°C. Ne serait-ce que pour grimper la pente terminale de +300m sur 1km débouchant au lac du Lauzon avant le bivouac. En saison fraîche, cette pente raide est déjà éprouvante quand on compte le portage autour de 10kgs.

Alors en été sous la fournaise à me faire boire 6L d’eau/jour ? Non merci. Rappelez-vous de la galère non loin de Sani Pass en Afrique du Sud, à tituber sous la chaleur lourde ?

J’ai dit fraîche la saison ?  Oui, les températures ont fluctué entre du négatif à en croire le givre déposé sur la tente au petit matin et dans les 10°C en après-midi. Parfait pour une randonnée de cette envergure avec près de 1700m de dénivelé positif  pour 27km. C’était vraiment ce que j’étais venu chercher en plus des belles couleurs de l’automne.
L'automne s'installeEn direction du col du CharnierL'automne s'installeL'automne s'installe

Enfin le beau temps était censé être de la partie, malheureusement le brouillard est venu mettre son grain de sel en créant une ambiance sur les hauteurs sans que cela gêne outre mesure l’avancée.

Heureusement car au petit matin, je ne distinguais même pas le lac du Lauzon pourtant en contrebas et clairement visible la veille. Cela m’inquiétait légèrement dans la mesure où je devais affronter les dernières pentes du col du Charnier, tout en caillasse, calcaire de surcroît. Les rochers sont restés secs, tout juste s’est déposé un magnifique voile de givre sur la végétation, un vrai plaisir matinal.

A part quelques plaques de glace, la prudence n’était pas nécessaire outre mesure malgré mes chaussures trail dont je deviens franchement un adepte pour ce genre de virées. Fini les grosses chaussures lourdes et peu respirantes.
Le bivouac au petit matin, un poil givréDernières pentes du col du Charnier sous le givreAu col du Charnier à la fraîche

En résumé, le tour des Aiguilles est un circuit varié destiné aux polyvalents, pleine de sérénité oscillant entre moments de contemplation sur sentier facile et passages escarpés nécessitant le plein de concentration.