Alors que j’avais en partie sciemment émigré dans une région montagneuse dans l’espoir d’assouvir mon amour des disciplines nordiques comme le ski de fond et les randonnées en raquettes, la neige se fit rare cet Hiver. Hormis quelques épisodes fin Novembre et courant Janvier tandis que je me trimballais au Lesotho la neige n’était pas pérenne. A mon retour, je guettais le moindre bulletin météo pour agencer mes semaines avant de commencer ma formation.

C’est ainsi que j’ai pu profiter de rares lendemains de chutes de neige pour skier et randonner à raquettes et après une superbe sortie dominicale sous un soleil printanier et avec vue sur le Mont-Blanc, je pensai vraiment ne plus revoir la neige de sitôt.
Le Mont-Blanc au fond

Et soudain arrive en Mars l’hiver, le vrai ! Juste quelques jours mais cela suffit pour assurer une bonne fin de saison. Un vrai gavage.

Les Bauges en hiver

Dès ma première venue en été par une forte chaleur, un déclic s’est produit: je me sentais bien dans ce massif inconnu auparavant et tout en caractère avec son parc naturel régional et ses villages préservés.

Et en hiver, c’est encore mieux.

Que cela soit sous le soleil ou la grisaille, fraîche, lourde ou fondante je reste toujours émerveillé par la neige, matière dont j’entretiens une relation toute particulière depuis mon enfance. Face à la neige, le tempérament d’ordinaire teigneux se fond en un véritable gamin.
En routeChalet savoyard et vue sur les BaugesRandonneur en raquettesLes Bauges sous une bonne couche de neigeEn marcheArith
La particularité du massif des Bauges est qu’il soit très varié, se mélangeant entre des parties alpines dépassant les 2000m d’altitude parfois difficiles d’accès et des parties en plateau avec des forêts, des vallons rappelant étrangement le Jura pas très loin. Normal, ces deux massifs partagent un point commun: le calcaire.

En somme toute, des terrains de jeux pour tout le monde puisque l’on trouve tout type d’activités de sports d’hiver avec le ski alpin bien sur, les chambériens se rendant en masse à la petite station réputée de la Margériaz-Aillon. Cependant les puristes risqueront d’être déçus par les modestes tailles des stations et trouveront leur bonheur dans les grandes stations alpines, plus loin, plus chères et plus fréquentées.

Étonnement, ce sont les activités nordiques qui ont la part belle dans le massif, notamment à la station du Grand Revard ou le ski de fond surpasse le ski alpin. Des balades en raquettes calquées sur des itinéraires d’été sont possibles dans le massif en minimisant l’exposition aux risques d’avalanches. Enfin sur les parties alpines, le ski de rando est de mise, pourquoi pas connecté aux stations de ski: on monte par soi-même en peau de phoque et on redescend sur les pistes.
Raquettes et batonsLes skisProjection vers Aillon et le Margériaz

Le ski de fond

Alors le ski de fond chez moi, historiquement c’est familial. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été baigné au ski de fond en technique classique, bien que je me remette à niveau en skating sachant que ce dernier est physiquement exigeant.

La station du Grand Revard possède un excellent domaine de 150 km de pistes, ce qui est vraiment conséquent. D’autres stations ont des pistes de ski de fond plus modestes toutefois. Avec le Désert d’Entremont en Chartreuse, le Grand Revard est LA station des gens de la vallée.
Skieurs sous le soleil et la neige fraichePistes de skis sous le soleilSkieurs sous le soleil et la neige fraicheAmbiance nordique

Personnellement, je recommande, les paysages sont variés: plus de forêt vers la Féclaz, du plateau ouvert à mi-chemin entre le Revard et St François de Sales et enfin des côtes bien méchantes à bouffer en ski sur les hauteurs du Revard. Qu’il faut bien entendu redescendre avec des virages parfois casses-gueules, mon coccyx s’en souvient toujours. Des refuges servent de quoi manger le midi (prenez un classique diots-polenta) ou juste une consommation pour vous reposer avant de repartir.

Il y a même un refuge accessible en ski de randonnée nordique/raquettes qui héberge la nuit !

Randonnée en raquettes … ou même à pied

Alors théoriquement comme je l’ai indiqué précédemment vous pouvez aller partout sur le massif des Bauges pour randonner en raquettes en suivant des itinéraires balisés d’été. Mais cela ne marche que si vous connaissez bien le secteur et si le balisage est encore visible, ce qui ne peut pas être le cas si 1m de neige fraîche vient de tomber. Par prudence, j’ai d’abord commencé à faire des sorties balisées par les stations afin de mieux jauger. J’ai ensuite appris à repérer les itinéraires possibles et non exposées à des fortes pentes, que cela soit par des topos randonnée, par l’observation du profil sur la carte topographique ou encore un coup de téléphone à l’Office de tourisme.

Ainsi, avec les chutes de neige de début Mars, il était hors de question de partir à la sauvette sur des itinéraires sauvages hors des stations.
La trace du sentier à raquettesRandonneur en raquettesProjection vers Aillon et le Margériaz
A l’inverse quelques jours avant lorsque le printemps pointait le bout de son nez, j’ai même fait une sortie mixte randonnée à pied/raquettes qui s’est terminée par un bain de sloche puis de boue tout court. Là, vous êtes tranquilles face à la neige. Enfin si la neige est éparse, vous pouvez tout ranger et vous contentez de marcher, quitte à mouiller vos pieds.
Début de la randonnée à piedDe la slocheTraces de pas dans la neigeCrêtes du Margériaz

Quoi faire au final ?

La randonnée en raquettes reste personnellement l’activité qui se rapproche le plus de mes aspirations: être dans la nature, libre de mes mouvements à l’écart des routes et activités humaines. Bien que j’aime beaucoup le ski de fond, il contraint à rester sur des pistes tracées et à payer des redevances raisonnables et justifiées. Il présente toutefois un côté sportif plus poussé alors que la randonnée en raquettes est plus détendu. Par conviction environnementale et pour le coût que c’est, je ne suis pas allé faire du ski de piste bien que je sache descendre, mais j’aimerais essayer le ski de randonnée alpin et nordique. Le massif n’étant pas de haute montagne, il permet de s’essayer à ces activités naturelles à l’abord de petites stations sans utiliser les remontées mécaniques.

A essayer peut-être pour l’hiver prochain !

Panorama des Alpes avec le Mont-Blanc à gauche

Cliquez pour voir le panorama en plus grande définition.

Morceau de glace restantSentier à raquettes jalonnéVue sur le Mont ColombierTraces de raquettesMonticules de neige formés par le ventFerme savoyardeSkis au repos à un petit refugeSkieur en skatingEn marche vers une collineArbre isolé