Soyons honnêtes dès le début: voyageurs se dirigeant vers Maseru, circulez, il n’y a rien à voir ou presque. A part la statue de Moeshoeshoe même pas accessible, le centre commercial tout moderne, le bureau du Lands, Surveys, and Physical Planning pour acheter des cartes topographiques et quelques boulevards, rien mais rien n’attire le touriste à la recherche du dépaysement, qu’il faut plutôt trouver en campagne.
Statue de Moshoeshoe

Notre ressenti est une plongée brutale en apnée teintée d’un choc culturel. Nous sommes observés de partout, pas à l’aise avec nos peaux blanches et je mettrais plusieurs heures avant de sortir l’appareil photo. La chaleur est asphyxiante, le bruit incessant et le flux interrompu de la foule me rendent nerveux.

Alors partons plutôt dans des destinations accessibles à une poignée d’heures de route, tous accessibles en taxi !

Morija

La ville historique de Morija collectionne les premières: 1ère église évangélique du pays, 1ère école et 1ère bibliothèque. En effet, en 1833, trois missionnaires français Thomas Arbousset, Eugène Casalis and Constant Gosselin invités par le roi Moshoeshoe I ont été chargés ici de développer l’orthographe et d’imprimer des écrits de la langue sesotho.

Eglise de MorijaEglise de MorijaEglise de Morija

Morija, située à 35km de Maseru, soit à peu près 40min de route de la capitale a donc une connotation historique mais aussi culturelle: le seul musée du pays se situe ici et à défaut d’être long vous permettra de dégrossir vos connaissances sur le pays. La résidence du roi se situe non loin, cependant oubliez les superlatifs: elle est de taille modeste. Quant aux intrépides ils iront à la chasse aux traces de dinosaures issus du temps de Gondwana et iront arpenter les pentes menant au plateau dominant toute la vallée. Ces mêmes pentes parcourus chaque jour par les écoliers lors d’un trajet de 4km ! En savoir plus sur Morija, c’est par ici et enfin l’interview de Brigitte Hall-Cathala, installée ici.

Morija Museum & ArchivesTraces de dinosauresTraces de dinosauresDepuis le plateau au dessus de MorijaMaison basuto à MorijaEtang à Morija

Les barrages de Katse et Mohale

Selon les statistiques, la position géographique et la formation géologique du Lesotho amènent une moyenne de 788mm de précipitations annuelles (source en 2014) et ce principalement en été où de violents orages peuvent se former. Tandis qu’en hiver, le temps est généralement au beau fixe sans l’ombre d’une goutte d’eau. C’est à cette fin qu’un gigantesque projet de barrages hydro-électrique est en œuvre, conjointement avec l’Afrique du Sud. Il s’agit du Lesotho Highlands Water Project composant 5 barrages et je vous incite à lire cet extrait de livre pour en savoir plus sur les polémiques, liées évidemment à l’implication de l’Afrique du Sud.

En attendant, ces barrages ont été le seul moyen d’entrevoir réellement des lacs ou retenues d’eau en cet été tragiquement sec, à tel point que l’état de catastrophe naturel a été déclaré peu après notre retour. Le plus grand des barrages, Katse Dam du nom du village voisin se situe au moins à 4h de route de Maseru. Les montagnes environnantes sont l’occasion de prendre la hauteur et d’espérer faire un panorama du lac. Une astuce: grimper la colline près du village.
Descente vers Katse DamKatse DamKatse DamKatse DamKatse Dam

Enfin, nous ne verrons pas grand chose de Mohale Dame dont l’architecture est plus audacieuse en ce jour pluvieux, rien ne nous incitait à tendre le pouce pour quelques kilomètres. En échange, un gardien de la lodge nous prend en main pour nous montrer le « Mohale Camp » qui paraît complètement surdimensionné pour le peu de gens y habitant réellement. Le sentiment de gâchis financier est flagrant et est confirmé à demi mots par Michael, notre guide improvisé. La situation semble surréaliste dans ce pays manquant de beaucoup, la preuve: l’école et le supermarché ouverts avec ce camp ont depuis fermé et tout est reporté à quelques kilomètres de là, au village voisin. Enfin dernier point, je suis frappé de la ressemblance des maisons avec celles que j’ai maintes fois vu en Europe du Nord. Admettons que l’architecte du village soit afrikaner (blond-blanc-riche) et le tour est joué !

Mohale DamMohale CampMohale

Thaba Bosiu

A 1h de Maseru, Thaba Bosiu est un haut lieu historique du peuple basuto. C’est ici que Moshoeshoe I établit une sorte de forteresse montagneuse pour résister aux envahisseurs zoulous de l’Etat libre d’Orange d’Afrique du Sud. Sa traduction littérale est montagne des nuits, une légende courrait qu’elle grandissait lors de la nuit rendant les attaques ennemis compliquées pour ensuite se rétrécir au matin suivant, laisse ces mêmes ennemis fatigué, vulnérables.

Sur ce site, on peut voir des résidus reconstitués de la forteresse, des tombes, des maisons constituant le village royal. C’est aussi ici qu’est enterrée la famille royale et vous aurez aussi le loisir d’admirer une montagne prenant la forme du fameux chapeau basuto !
Entrée de la montagne Thaba BosiuPanneau informatif Thaba BosiuPaysage depuis Thaba BosiuTombe de RamootsiEntrée du village royalRésidence de MoshoeshoeMontagne en forme de chapeau basutoTombe de Moshoeshoe IITombe de Moshoeshoe II