Pays de montagnes avec de multiples cols à haute altitude, le Lesotho est un pays agréable à conduire en dépit de la qualité de son infrastructure. La « Roof of Africa road » est une route circulaire partant de Sani Top vers Mokhotlong et forme une boucle entre Mokothlong, Thaba Tseka, Leribe, Butha-Buthe et de nouveau Mokhotlong.

roof-of-africa-scenic-route

Alors que cette route nous était inconnue, tout part de Bishop, le ranger du parc national Ts’ehlanyane. Connaissant nos plans futurs, il se propose de nous emmener jusqu’à Mokhotlong et taper un bout de chemin ensemble. Nous ferons ensuite le reste en taxi. Ce fameux ranger nous a franchement étonné par sa sympathie et surtout le truc vraiment louche, il rappliquait SOUVENT quand on parlait de lui. Comme si au loin il captait qu’on avait besoin de son aide.

Il faut qu’on aille payer. Ah bah tiens, justement le voilà.

Il doit confirmer pour les chevaux mais toujours pas de traces de lui. Ah bah tiens, justement le voilà.

A quelle heure il nous prend en voiture ? Ah bah tiens, justement le voilà.

A la fin, aucune inquiétude si on pense à lui, il viendra. Après une dernière randonnée, nous avions plusieurs heures de libre avant de partir. Ah bah tiens, justement le voilà 30 mins plus tard, prêt à partir à n’importe quelle heure. Définitivement incroyable !

Avant de partir, il prend soin de laver sa voiture avec de l’eau précieuse provenant de Katse Dam alors qu’un orage violent éclatera plus tard pour ainsi dire, laver une seconde fois sa voiture. Des trombes d’eau s’abattent ainsi que les éclairs fusent dans tous les sens et faisant perdre 15°C à l’air ambiant. Ouf.
Bishop lave sa voiture.En routeEn route sous un violent orage

C’est seulement à Butha Buthe qu’on rejoint la Roof of Africa scenic Road. Nous pensions naïvement que Bishop tracerait tout droit sur la route mais c’est sans compter sur le basuto style: de multiples arrêts, pauses clope, salutations dont un baiser langoureux à sa copine (?) au milieu de nulle part et diverses tractations.

A ce rythme là, on est pas rendu.

Puis finalement un gros coup de klaxon l’interpelle: il s’agit de son oncle. Une conversation interminable plus tard, nous apprenons que son oncle va tous nous conduire et la voiture de Bishop, laissée ici.

Imprévisible est la vie au Lesotho !

Bien des minutes plus tard, nous voilà installés pour les choses sérieuses. Le chauffeur met une setlist musicale basuto style et le moins que je puisse dire c’est que c’est du lourd. La famille discrète semble gênée, seul Bishop interagit avec nous, il semble heureux de nous avoir à ses côtés. La route de bonne qualité commence à s’élever et avec les virages se succédant, les montagnes se dégagent clairement.

En route !Montagnes dominant la routeMontagnes dominant les villagesMontée raide vers les hauteurs

Les villages se multiplient à l’horizon et à l’aperçu d’une cérémonie d’initiation à la vie de femme, l’oncle s’y arrête instantanément. Par pure coïncidence nous avons là accès à une tradition bien ancrée chez les basutos et non mise en scène. Malgré tout, je dois payer 20LSL pour prendre des photos avant de me faire chasser par une jeune femme cherchant à jeter de la poussière en guise de sort. Amusés, nous courons tous vers la voiture pour reprendre la route vers les hauts plateaux et des cols à 3200m.

Cérémonie d'initiation à la vie de femmeCérémonie d'initiation à la vie de femme

Les paysages fantastiques, lunaires, steppiques se succèdent. Que dire des lumières contrastées ?

Seul manque l’eau. La route rend hommage à ces paysages, elle en fait partie intégrante.

Comme dans un manège et sous une musique complètement envoutante, la voiture nous berce, villages et montagnes en vue

Bishop, reconverti provisoirement guide ne manque pas de donner quelques explications sur les cols, vallées, Afriski la station de ski qui manque de plus en plus de neige en hiver et une mine de diamants exploitée par … des chinois.

Passage de cols à plus de 3000m sur la "Roof of Africa"La station de ski AfriskiPaysage de haute altitudeMine de diamantsRoute "Roof of Africa"

L’arrivée à Mokhtolong est assez chaotique sur des portions de route en travaux. On nous dépose à une guesthouse et malgré quelques photos de groupe souvenirs, elles sont toutes ratées et mon appareil n’avait plus de batterie. L’hébergement me laissera un souvenir mitigé, au delà du prix exagéré et non négociable, ce sont les situations surréalistes qui laissent perplexe: il faudra 1h au gardien de nuit pour se résoudre à nous faire changer de chambre après avoir testé de nombreuses prises électriques qui ne pouvaient pas fonctionner car de l’électricité il n’y en avait pas. Pour se laver les dents, il fallait aller dans une salle de bains commune, pas la notre, qui avait quelques problèmes de finition. Le petit-déjeuner est inclus ? Encore heureux vu le prix, mais je ne peux pas manger de poisson. Du poulet ? Ah merci, super. Ah oui mais il n’est pas réchauffé votre poulet.

Et pourtant, l’équipe a tenu à faire une séance photo avec nous.
Equipe de la guesthouse à Mokhotlong

Drôle de moment. Comme me dit Thomas lorsqu’on nous emmène au taxi et ce sans frais:

Ici, on t’arnaque qu’une fois. Bien profond mais après ça va

Cela dit, je me souviendrais de Mokhotlong pour une autre raison: un coucher de soleil spectaculaire. Toutes les conditions étaient réunies: un temps qui change, des nuages, un fort vent. Résultat, le ciel s’est complètement embrasé.
MokhotlongCoucher de soleil à MokhotlongSoleil s'embrasant complètement à son coucher à Mokothlong

La dernière étape est en vue, elle nous emmène à Sani Top en taxi. Les gens descendent après la frontière à Sani Pass alors que nous restons au Lesotho.
En route vers Sani Pass
Les paysages spectaculaires, désertiques, on connaît. L’effet de surprise est quelque peu passé. Le taxi n’est pas en grande forme, il a du mal à grimper les côtes. Et ce qui devait arriver arriva: à l’amorce d’une pente terrible, le chauffeur décide que cela en est trop, immobilise le taxi et va chercher de l’eau dans la rivière 100m en contrebas avec un bidon.

Pourquoi ? Pour remplir le réservoir de liquide de refroidissement, pardi !
Arrêt technique pour mettre du liquide de refroidissement
La pente raide sera franchie péniblement, heureusement que la route est dorénavant bitumée. Sani Top est en approche et nous arrivons progressivement dans le brouillard. En quelques secondes, la visibilité devient réduite.
Arrivée proche à Sani Pass
A la frontière, lors de notre descente, en plus de la visibilité réduite, c’est une relative fraicheur et une humidité tenace qui nous accueillent.

Hum, dans les nuages ? Pas de doute, nous sommes sur le « Roof of Africa ».