Au premier abord et en toute honnêteté, je ne savais pas comment aborder cet article, ni même si j’allais publier quelque chose sur Christchurch. En effet, j’ai un sentiment ambivalent sur cette ville, oscillant entre la fausse publicité et un devoir de mémoire.
Un résidu du tremblement de terre dans le Canterbury Museum

Christchurch, 1ère tentative: la fuite

Tout d’abord, un rappel des faits: la ville fut ravagée par deux tremblements de terre majeurs le 4 septembre 2010 et le 22 février 2011, ce dernier ayant causé 185 morts. L’impact de ces séismes se situe surtout dans l’épicentre proche du centre-ville historique à architecture anglaise. D’abord fragilisé suite au premier séisme, le centre ville s’effondra comme un château de carte lors du second.

Alors vous comprenez bien que lors qu’on évoque un plan de circulation du centre-ville chaotique, de nombreux immeubles abandonnés, à moitié détruits et une ambiance glauque une fois la nuit tombée, ça ne donne pas une image sexy de la ville. Et ce même 3/4 ans plus tard. Les travaux de déblaiement sont presque perpétuels et se font parallèlement à la reconstruction.
Christchurch dévasté et en reconstructionChristchurch dévasté et en reconstructionChristchurch dévasté et en reconstructionChristchurch dévasté et en reconstructionChristchurch dévasté et en reconstruction

Pour tout vous dire, alors que cela faisait 2 semaines que je flirtais avec les grands espaces que la Nouvelle-Zélande sait si bien offrir, le retour à la ville, Christchurch donc, fut rude.

Très rude.

Logé dans un backpacker délabré (il n’en reste pas beaucoup vraiment fonctionnel et ils sont quand même pleins) et choqué par ce chaos de la civilisation désordonnée, je jurais de quitter cette ville le plus rapidement possible après mes quelques courses. Un exemple: les magasins ne sont plus en centre-ville et à cause des différents travaux, changent régulièrement d’adresse. Encore un exemple: se rendre à un endroit en voiture peut être un jeu de piste, tant le plan de circulation évolue souvent, sans compter les voies à sens unique ! Un exemple de no man’s land ? Tout simplement la bibliothèque municipale, toute neuve qui se trouve au milieu de débris.

Et que dire de ce qu’il en reste ? Christchurch est très étalée sur de longues avenues très passantes, des zones résidentielles calmes et de nombreuses zones industrielles. En dehors du centre-ville historique -détruit-, Christchurch est une ville typiquement néo-zélandaise, c’est à dire pas franchement emballant à visiter. Seule la côte Est et la partie Sud semblent intéressantes mais très éloignées du centre-ville.

Après avoir fait mes emplettes et tellement « dégouté » par ce chaos, je n’ai même pas pris le temps de l’examiner, de m’interroger sur ce qu’il y avait à voir, malgré tout.

Les commémorations du 2nd tremblement de terre

Des semaines plus tard je vis en direct les commémorations à la télévision du second tremblement de terre chez mes hôtes Helpx Barbara & John. Une minute de silence fut observée à 12h51 dans la ville et lorsque Barbara vit les images, elle eut un moment d’émotion. Ils ont vécu avec son mari à Christchurch et connaissent plusieurs victimes des séismes. Elle me raconta qu’ils avaient proposé l’hébergement à des gens qui n’avaient absolument plus rien. Lors de cette soirée commémorative, la télé néo-zélandaise diffusa un documentaire retraçant les évènements liés au séisme et ce fut assez saisissant pour moi, à la fois de voir les images et d’avoir un témoignage à côté. La tension était permanente lors de la diffusion de ce reportage et j’ai mesuré l’impact considérable qu’a eu ce seconde séisme. Une véritable fêlure même: les néo-zélandais ont pris conscience de leur vulnérabilité face aux aléas de la Nature.

Rappelons que dans ce pays, ils sont exposés aux éruptions volcaniques, séismes, cyclones, vents violents, pluies torrentielles, sécheresse et pire même, la pollution pour Christchurch !

Une vieille légende dit que les épreuves de la vie nous renforce. Les habitants piqués à vif, ont donc puisé dans leur orgueil pour penser à l’avenir de la ville: elle sera désormais créative.

Le projet Re:START vise sous 20 à 25 ans à reconstruire le centre-ville avec un palais des congrès immense, un centre sportif, un stade de 35 000 places, un centre culturel, des magasins, cafés et restaurants tout en misant sur des espaces verts pour laisser la part belle aux piétons et cyclistes. Comme ils partent de « zéro » des techniques de construction modernes et audacieuses peuvent être utilisées.
Christchurch dévasté et en reconstructionChristchurch dévasté et en reconstruction

Christchurch, 2nde tentative: une Re:DECOUVERTE

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, le fait d’avoir assisté en direct à ces commémorations m’a incité à y jeter un second oeil.

Cette fois-ci, pas de backpacker mais une couchsurfeuse très indépendante, vivant en rase campagne de la ville. Idéal pour assister à un coucher de soleil sensationnel, du à la présence d’un cyclone dans les parages (selon ce que m’a dit la couchsurfeuse). Malheureusement le capteur de mon APN a ses propres limites physiques, les zones d’ombre sont grandes !

Coucher de soleil prémice d'une tempête à venir Je ne m’attarderai pas sur les différents lieux à visiter mais entre examiner les nombreuses fresques murales, les bâtiments en cours de construction, la cathédrale très endommagée, les rues fantômes, le nouveau city Mall à l’architecture futuresque, le Canterbury Museum, comprenant une partie dédiée à l’Antarctique, le Botanic Garden et enfin la miraculée New Regent Street, il y a de quoi occuper 1 ou 2 journées. Les amateurs de Urbex auront peut être du mal à se frayer un chemin puisqu’on est en centre ville.

Place maintenant aux photos pour honorer ses lieux. J’aurai juste voulu mieux voir l’expression de l’art sur les murs ou d’autres supports mais je n’ai pas du aller dans les bonnes rues !
Canterbury MuseumSection sur l'Antarctique du Canterbury MuseumJardin botaniqueJardin botaniqueAmoureux au jardin botanique

Vous avez été à Christchurch, quel est votre ressenti ?