Alors que je me trouvais à Roturua, ville connue pour sa culture maorie et son odeur de soufre, j’étais en plein dilemme sur la suite de mon parcours. On m’avait parlé du Lake Waikaremoana Track, une Great Walk qui constitue une bonne introduction au tramping made in Nouvelle-Zélande. Échaudé par mes genoux récalcitrants après un track très rugueux en Tasmanie (le Frenchmans Cap Track) j’ai longtemps hésité avant de me lancer. Il y avait aussi le cout exhorbitant de la navette privée (175$, réservation auprès du DOC) puisque le parc national Te Urewera est quand même assez isolé et les routes sont en terre.

C’est donc par cette navette privée que nous nous faisons emmener avec une autre randonneuse pour 3 heures de route.
Pilote pour amener au début du track

Partant en début d’après-midi, le track monte d’emblée vers le Panekiri Range à travers le bush. C’est ainsi donc qu’après le très rugueux bush de Tasmanie, je découvre celui de Nouvelle-Zélande. Je sais désormais à quoi m’attendre !
Track rugueux

Rapidement, le track longe les crêtes afin de procurer des vues sur le lake Waikaremoana, encerclé par le bush et empreint de sérénité. Presque pas d’habitants autour, juste un camping et une route forestière qui en fait le tour. Tranquille.
Lake WaikaremoanaLake Waikaremoana

Le track continue de monter à travers le bush, pour ce qui sera la seule ascension du trek ! Autant dire que les jours suivants seront une balade tranquille. Néanmoins, plus je m’enfonce dans la forêt plus je découvre les spécificités locales, comme la fougère, un des emblèmes du pays ainsi que le caractère parfois rugueux du track, entre racines et roches qu’il faut escalader. Encore heureux que la boue ne soit pas (encore) de la partie !
Fougère, symbole de la Nouvelle-ZélandeTrack rugueux (pour un européen mais facile là bas ^^)

Je finis par arriver au sommet du range, et les vues sont fortement appréciables. D’autant que le refuge du même nom est à côté et … plein à craquer. Heureusement les gens sont courtois et je papote ici et là en ciblant mes interlocuteurs, de préférence, des kiwis ! Je profiterai un peu tardivement d’un joli coucher de soleil.
Panekiri rangeCoucher de soleil Panekiri range

Le lendemain, l’évolution se fait intégralement sous le bush et sous un beau ciel. Heureusement, puisque plusieurs passages viennent tout juste d’être séchés, dans un track parfois accidenté. Mais ce n’est rien par rapport à d’autres tracks. C’est un great walk, qui se veut donc accessible à un large public.
Track et bushTrack et bush

Le cadre de la pause déjeuner est fortement agréable, la très belle hutte Waiopaoa à proximité du lac, mais envahi par les sandflies !
Waiopaoa Hut

En direction du prochain campement (Maraunui), il est possible de faire un side track vers une cascade d’eau: les korokoro falls. Attention toutefois, ce n’est pas praticable en toute circonstance, il faut s’aider d’une corde pour traverser la rivière avant d’arriver au lookout. Notez que la rivière peut être bien plus haute s’il a bien plu. En cas de pluie, je pense qu’il vaut mieux ne pas y aller.
Aide pour traverser la rivièreKorokoro Falls

Je m’arrête au Maraunui campsite & shelter pour la nuit. La vue est agréable depuis la plateforme en herbe et le soleil rayonne encore. Personne à proximité, c’est parfait.. Si ce n’est les sandflies qui envahissent ma tente !
Lake WaikaremoanaSandflies en nombre

Le lendemain constitue la dernière étape, sur un terrain plat, entièrement dans le bush. Donc très certainement ennuyeuse. Heureusement il reste le lac dont il est parfois possible de se détacher via des bancs de sable. Et puis finalement, comme les nuages annonçaient, la pluie finit par arriver et en quelques minutes la boue recouvre le track ! Je finirai par attendre 1h30 la navette dans un shelter avant de rentrer à Roturua.

Lake WaikaremoanaTrack légèrement boueuxLake WaikaremoanaLake Waikaremoana sous la pluie

Quelques informations complémentaires

Le Lake Waikaremoana Track est d’une longueur de 46 kms et est aisément réalisable en 2/3 jours. Une seule ascension est à compter, c’est pourquoi je classe ce trek comme facile, en dehors de la boue pouvant survenir en cas de pluie.

C’est une Great Walk, les standards sont élevés: il faut réserver huttes et campings à l’avance auprès du DOC de Roturua. Toutes les informations sont disponibles ici ou dans ce PDF.

L’accès n’est pas aisé: il convient soit de venir avec son véhicule personnel, à ce moment là, un bateau vous ramènera au début depuis la fin du track. Sinon, vous pouvez engager une navette privée, qui est comme je l’ai indiqué, très onéreuse (175$).