Quand rien n’est prévu, tout est possible

Rien ne prédestinait à ce que cette journée du samedi 1 février se passe de cette façon.

Après être revenu de l’île Stewart, je m’apprêtais à remonter la SH6 puis la 94 pour me rendre à Te Anau. Alors que je tendais le pouce depuis une dizaine de minutes, un type me voyant au dernier moment donne un grand coup de volant pour s’arrêter à ma hauteur. Il s’agit de Paul qui m’accueille tout de suite avec un grand sourire. On se présente mutuellement et apprenant ma nationalité, il se met à entonner la Marseillaise.

Ouate the fuck. Sur qui suis-je tombé ?

Je me prends au jeu de la bonne humeur tout en lui posant des questions sur ce qu’il est en train de faire exactement.

I’am a spiderman !

Je ne saisis pas tout de suite son job et lorsqu’il m’explique qu’il veut m’embaucher pour la journée et me montrer son job, je cherche l’entourloupe. Légalement je n’ai pas le droit de travailler mais en même temps, refuser signifie la fin du lift et par là même d’une expérience gâchée.

Il me dit que lui aussi ne me connaît pas et qu’il n’a pas plus de raison de vouloir me faire confiance en laissant sa voiture à portée de main. La méfiance s’envole de fait et j’accepte, libre à lui de me donner ce qu’il veut. En faite, son job consiste à nettoyer les toiles d’araignée. D’une humeur joviale et facétieuse, il se prête facilement au jeu des photos:

Paul chasseur de toiles d'araignée

Paul chasseur de toiles d'araignée

Paul chasseur de toiles d'araignée

C’est tout bête mais son business rapporte. Il intervient dans une très grande partie du Fiordland et du Southland et a une clientèle régulière qu’il visite généralement une fois par an. Par exemple sur cette journée, il se sera fait 1000$ en 8 clients avant imposition. Il m’en laissera une petite part que je me chargerai de convertir partiellement en chips et bières sur un banc le long du lac de Te Anau pour le remercier.

Nous en profitons pour prolonger la rencontre, il m’apprend qu’il a été marié deux fois, qu’il prend la vie avec sourire et qu’il est supra fier de son frère, songwriter populaire (pour le voir en action, c’est ici).

Et comme toute bonne chose a une fin, Paul repart chez lui en me disant de l’appeler lors de mon passage à Queenstown.

Je ne le reverrais pas, les rencontres sont si instantanées et éphémères que mon texto de nouvelles ne recevra aucune réponse.