Bien que Moscou soit la capitale incontestée du si grand pays qu’est la Russie, beaucoup de russes rencontrés m’ont fait part que ce qu’il se passe à Moscou reste à Moscou et ce qu’il se passe ailleurs, reste ailleurs. Ce billet ne se veut pas une analyse politique et sociétale de la Russie mais bel et bien une introduction au voyage que nous nous apprêtons à effectuer ! Le décollage quoi..

Pour certains, Moscou évoque le froid, une très grande ville assez méconnue et l’époque soviétique.

Qu’allons nous en tirer de ces 48 heures de visite ? C’est parti pour du 100% culturel.


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Moscou: une vie bien ferroviaire

Ce qui impressionne d’emblée en arrivant à Moscou, c’est la densité du réseau ferroviaire et cet espace dans les trains. Pour 35 minutes de trajet entre l’aéroport de Vnukovo et le centre-ville de Moscou, nous avons croisé un nombre incalculable de trains ainsi que de quais de gares ferroviaires de banlieue. Forcément, ça paraît bateau mais à chaque début de voyage, je ne cesse de chercher des constats à faire !

Il y a de la place dans les trains, tout paraît grand, même dans les gares:
Gare de Kievsky

Mais finalement, quand on regarde la population de Moscou (12 Millions d’habitants) ce n’est pas vraiment étonnant. Mais alors, qu’en est-il du métro ?

Eh bien, c’est pareil. Il y a de l’espace, du monde et le rythme de passage est impressionnant. Il y a aussi beaucoup de monde à brasser. Autant vous dire quand on marche, faut pas sortir du groupe, sinon c’est foutu (les parisiens connaissent bien cela ^^). Un russe rencontré m’expliquait qu’ils peuvent faire passer jusqu’à 48 métros par heure sur les lignes. Et c’est véridique, une fois arrivés sur le quai du métro et ayant enfin déchiffré dans quel sens était la station recherchée, eh bien le métro ne tardait jamais à arriver. Et pas de panne, ni d’arrêt inexpliqué en plein milieu des voies !
Métro à l'arrêt

Mais plus encore, la splendeur des stations de métro moscovite est à souligner: d’une beauté austère mais non dénuée d’élégance:
Intérieur d'une station de métro

Intérieur d'une station de métro

Ce qui est amusant, c’est à chaque escalator dans le métro, vous y trouverez un poste de travail dans lequel un agent ou une agente s’occupe de regarder les passants et éventuellement d’intervenir en cas de problème. Bon autant vous dire, ils dorment tous ^^

Pendant ces deux jours, nous aurons eu cesse d’admirer l’architecture des stations, mais aussi et surtout parce que nous nous perdions sans arrêt ^^ Eh oui, à chaque fois que l’on sortait de la rame, en lisant les indications des panneaux, nous étions incapables de savoir si la sortie était à gauche ou à droite. Bien sur, à force de faire au pif, on a fini par trouver le truc, mais alors qu’est ce qu’on a tourné en rond dans ces stations !

Moscou: une vie aussi souterraine

La spécialité des pays de l’Europe de l’Est: ce sont les passages souterrains pour éviter de traverser les grands axes routiers. Alors qu’un bon français pur souche pourrait prendre cela comme un endroit coupe gorge, eh bien là bas, non, ce sont des véritables espaces de vie:
Vie dans les passages souterrains moscovites

Vie dans les passages souterrains moscovites

Les russes profitent de ces passages souterrains pour y faire quelques emplettes, que cela soit de façon officielle dans ces magasins, ou au black dans ceux notamment situés près des gares. Nous en aurons profité pour manger sur le pouce quelques spécialités russes: des friands, des fourrés, que cela soit salé ou sucré. Ils aiment beaucoup les fourrés au fromage blanc chaud…et tout ce qui est au sésame, pavot et confiture.

Cela apporte un peu de vie à une ville que j’ai trouvé assez froide et austère.

Moscou ressemble à d’autres villes de l’est européen, pas grand chose attire l’œil ou suscite la curiosité. A vrai, nous avons déjà la tête au Transsibérien. C’est donc en bon touriste que nous nous rendons au point névralgique de la ville: Le Kremlin et sa place Rouge.

Le Kremlin, la Place Rouge

Situés comme il se doit en plein centre ville, le Kremlin et la place Rouge laissent place à un déluge de couleur « rouge ». Construit en brique, l’édifice du Kremlin rayonne sur les pavés de la place.. Rouge ^^ Nous nous retrouvons entourés de touristes venus pour les mêmes raisons:
Place Rouge @Moscou

Place Rouge @Moscou

Comme le laissent suggérer les photos, la Place Rouge entièrement réservée aux piétons est immense et les préparatifs des cérémonies du 9 Mai (la fin de la 2nde guerre mondiale est le 9 Mai en Russie) renforcent le caractère solennel des lieux. Entourée d’un côté par le Kremlin, par le Musée National de Russie par un autre côté, par des magasins d’un autre versant et enfin par la cathédrale Basile le Bienheureux:

Le Kremlin et la cathédrale Basile le Bienheureux

Si on s’épanche un peu plus sur les détails, le Kremlin fut progressivement construit à partir du 14ème siècle pour protéger le royaume des tatares en faisant office de citadelle à la ville. Il y a donc des « Kremlin » dans d’autres villes de Russie, notamment à Nijni Novgorod ou Kazan. A l’intérieur de celui-ci, vous trouverez un ensemble de cathédrales orthodoxes dont la plus connue: celle d’Ivan le Terrible et différents palais. Bien entendu, le Kremlin se visite, et selon ce que vous voulez voir, le ticket varie entre 250RUB et 700RUB (de mémoire). Malheureusement, pas de photos, un fonctionnaire russe un peu zelé, m’a obligé à ranger au placard l’appareil photo !

Les cathédrales

A chaque fois que je visite des villes, j’avoue avoir une passion « démesurée » pour la visite des édifices religieux. Quelque soit la religion, l’architecture, la grandeur de ces bâtiments ainsi que les croyants déambulant me renseigne sur l’esprit des habitants, et plus particulièrement pour les églises orthodoxes. Cela tombe bien, à Moscou, je suis servi !

Nous sommes encore sur la place Rouge, dont le sud est dominé par la cathédrale Basile le Bienheureux:
Cathédrale Basile le Bienheureux
Cathédrale Basile le Bienheureux@Moscou

Construite en 1555, la cathédrale est très imposante par sa palette de couleurs variées. Moyennant 250RUB, la visite nous apprend que chaque clocher symbolise un point cardinal: sud, sud-est, sud-ouest, ouest etc…. A l’intérieur des clochers, on peut admirer la hauteur impressionnante, puisqu’il n’y a pas de « plafond », j’espère que cette photo vous donnera une idée de la hauteur ^^:
Un des clochers de la cathédrale Basile le Bienheureux

Après quelques éclaircies matinales, le temps tourne à la pluie, renforçant le caractère austère, impersonnel et froid de Moscou. Néanmoins, nous entreprenons un petit tour à pied dans le centre-ville, pour aller à la cathédrale du Christ Sauveur. Situé près des rives de de la rivière de Moscou, elle est imposante (comme toute cathédrale orthodoxe) et est visible de loin puisqu’un grand espace piéton a été mis en place autour:
Cathédrale du Christ Sauveur

Cathédrale du Christ-Sauveur

Les parapluies, les couples se promenant donnent presque un air romantique aux lieux. Je ne serai point étonné que bon nombre de demandes de mariage se fassent ici. Mais l’heure n’est pas au mariage mais aux blagues qui fusent sous la pluie avec Toma, histoire de réchauffer un peu l’atmosphère ! Il fait presque froid, les gants sont de sortie et je commence à me demander si je ne suis pas parti sous-équipé…Et dire que 2 semaines plus tard, il fera 30° degrés à Moscou.

Revenons à la cathédrale: édifiée une première fois puis détruite, sa construction actuelle date de l’an 2000. L’intérieur est d’une beauté à couper le souffle: l’or domine et réchauffe les esprits. Naturellement, comme il est de coutume, point de photos dans les cathédrales orthodoxes.

Au hasard dans la ville

Vous vous demandez ce qu’il y a d’autre à voir dans la ville: eh bien je vous dirais de regarder votre guide ou la carte au début de cet article. Plus sérieusement, nous aimons bien aller au hasard en prenant un bus sans savoir ou il va, charge à nous de revenir sur nos pas… Cela permet d’avoir un aperçu différent de la ville, aussi bien d’un quartier aisé:
Immeuble@Moscou

que du théâtre Bolchoï:

Théâtre Bolchoï

que d’autres édifices austères et rigides, rappelant l’époque soviétique:

Hilton Leningradskaya

Nous tomberons aussi sur un marché dans un quartier au Nord de la ville et à majorité « mulsumane » de façon très visible: une mosquée énorme est en cours de construction. De plus, les visages sont différents et viennent d’Asie centrale. Par humilité et respect, je n’ai pas osé tirer de portraits. A côté, en voyant un grand édifice ressemblant à un palais des sports, nous finirons finalement dans une brocante.

Livres dans une brocante
Nous respirons l’âme russe à plein nez (cela fera l’objet d’un autre article) et devinons les protocoles à utiliser lors des relations sociales. Il y a toujours cette glace qui colle aux visages des russes que quelques mots bien trouvés peuvent briser. Nous en sommes presque intimidés car nous voudrions interagir, mais c’est le début du voyage, il faut laisser le « délire » et la « légèreté » s’installer !

Moscou by night

J’avais emporté mon mini-trépied Gorillapod. Il aurait été frustrant de ne pouvoir s’en servir. Malheureusement la pluie tombante a presque eu raison de ma volonté. Heureusement, nous profitons d’une accalmie avant de prendre le Transsibérien. C’est chargé de nos sacs à dos, que nous parcourons une dernière fois le centre ville pour en capter des couleurs de la tombée de la nuit. Ci dessous, le Kremlin depuis le pont piéton à proximité de la cathédrale du Christ Sauveur:
Moscou by night et le Kremlin

La vue de l’autre côté de ce même pont, on peut remarquer les briques rouge de l’usine Red October Chocolate Factory qui maintenant est un espace commercial « chic », pas trop notre truc, mais c’était marqué dans le guide ^^

Red October Chocolate Factory by night

En remontant une dernière fois les rues de l’hyper centre, les lumières reflètent tout aussi bien l’austérité de la ville qu’en journée.

Moscou by night

Un dernier passage sur la place Rouge, ou visiblement nous ne sommes pas les seuls à vouloir profiter des couleurs de la cathédrale Basile le Bienheureux.

Cathédrale Basile le Bienheureux by night

Maintenant, en route vers la gare Yaroslavsky pour le fameux Transsibérien ! La suite dans un autre article !

Quelques anecdotes

  • Pas d’insécurité visible, mais la présence policière est flagrante. Ils portent d’énormes képis !
  • Attention: si vous restez à Moscou plus de 7 jours, il est nécessaire de s’enregistrer…Même les Russes doivent le faire.. En dehors de Moscou, aucun problème.
  • S’orienter dans la ville n’est pas trop un problème, car l’hyper centre n’est pas très grand et les rues sont en général rectilignes..Donc même sans maîtriser le cyrillique, ça passe sans soucis… Pour sortir du métro, apprenez le mot 🙂
  • Les rues sont très larges et très bruyantes, ce qui devient pénible à force. Il y a facilement 3 à 5 voies par sens de circulation ! Les russes se rendent compte petit à petit que cet espace pourrait être utilisé pour faire des pistes cyclables
  • La vie est chère à Moscou…C’est à prendre en compte. Un exemple: le premier soir, on nous avait conseillé la chaîne de fast-food russe Grabli (http://www.grably.ru/press?backpage=3&id=52) une sorte de Flunch. Bilan: 430RUB pour un plat, un dessert et une bouteille d’eau.
  • Pas de rencontres en ville (comme d’habitude, c’est vraiment impersonnel) mais nous rencontrons à l’hostel des jeunes étudiants russe hyper curieux, humbles, maîtrisant mal l’anglais mais à force de volonté on a réussi à se comprendre les uns et les autres 🙂