Par une belle semaine de ce mois de Juillet très chaud, je me suis rendu en Savoie, non pas pour voyager et découvrir, mais plutôt pour un projet personnel que je me garde bien de dévoiler. Bien évidemment, ce déplacement ne pouvait être que strictement « professionnel », j’en ai donc profité pour découvrir un peu le coin, notamment autour du Châtelard, ville-siège du parc naturel régional des Bauges. Situé à cheval entre la Savoie et la Haute-Savoie, s’étirant depuis l’Isère (la rivière) au sud, passant par Albertville à l’Est, Chambéry à l’Ouest et Annecy au Nord, le massif des Bauges est un massif calcaire pré-alpin.

Il est peu connu du grand public préférant largement le parc national de la Vanoise si ce n’est la haute montagne. Mais les Bauges regorge de secrets encore gardés mais certainement plus pour très longtemps: la tome des Bauges, nombre sites culturels relevant du patrimoine historique de la Savoie et bien entendu les activités sportives comme la randonnée, le VTT, le ski, le canyoning. Plusieurs imposants sommets aux environs de 2000m apportent un sérieux coup de rein au relief, généralement plutôt de moyenne montagne, ne serait que par le mont Colombier, l’Arcalod, le Pécloz et le Trélod.

Mais point de sommets impressionnants depuis le Châtelard, juste quelques pics et montagnes presque anecdotiques, tout juste je distingue peut être la montagne de la Lanche sans aucune certitude.
Roc de PoyezPic au dessus d'une bergerieMontagnes des BaugesArithSous le porche de l'église du Chatelard
En ce dimanche après-midi, sous un ciel voilé mais sous des températures caniculaires et venu de Versailles le matin même, il m’était inimaginable d’aller randonner comme un grand gaillard sur les hauteurs. La cascade de Pissieu accessible depuis un parking sur un chemin entretenu est l’objet de mon attention, mais je rejoindrais ce parking par des chemins de traverse, plus très empruntés en témoigne les granges abandonnées. Enfin, histoire de rafraichir mes pétoches, une traversée de rivière permet de rejoindre l’autre rive à proximité du parking de la cascade.Chemin forestierFerme abandonnéeFerme abandonnéeFerme abandonnée L’approche de la cascade en cette journée étouffante se fait indéniablement sentir sur le sentier en sous-bois. Les familles sont venus en nombre pour la classique promenade du dimanche. Du randonneur ultra équipé faisant le grand tour au promeneur insouciant, tout le monde s’y retrouve sur cette balade bucolique, bouclée en à peine 20 minutes. Malheureusement, les temps sont durs, la sécheresse règne depuis plus d’un mois et la cascade telle que l’on peut s’imaginer ne ressemble guère qu’à une fontaine d’eau tendant vers une agonie profonde et certaine si rien ne change.

Elle est asséchée, elle ressemble à rien

entend-je autour de moi, tandis que les gamins, nombreux, peu importe l’âge se dévêtent, jouent dans l’eau et se prélassent sur les rochers calcaires.

La cascade du Pissieu, une plage hype malgré elle, grâce à la chaleur infernale ? PromenadeFerme en contrebas du Mont ColombierCascade de BissieuRoche calcaire Vous voulez un peu de hauteur ?

Pas de problème. A quelques kilomètres au dessus du Châtelard, au lieu-dit Les Garins, une minuscule route défoncée vous emmène facilement en altitude autour de 1300m si lors d’une journée -encore- caniculaire vous êtes à la recherche d’air. Le refuge des Garins superbement situé offre un beau panorama entre le Châtelard, Lescherelles et même plus encore. Il y est possible de louer un âne pour faire une randonnée avec ou de dormir en yourte.

Enfin, un troupeau de vaches à proximité rappelle que la Savoie est un département de tradition agricole et qu’elle est même sacrée, cette vache ? Que serait les montagnes sans les multiples bruits de cloche ? ÂneVacheMontagnes des Bauges

Quant à la ville du Châtelard, étirée le long d’une route péniblement très passante, son architecture varie entre une basse ville moderne avec ses commerces de la vie quotidienne et ses maisons/chalets construits récemment tandis que la vieille ville, en haut, concentre toute le patrimoine historique. Entre façades colorées, parfois typiquement savoyard, parfois transformées, parfois inspirées du pays voisin qu’est l’Italie, les artisans s’y concentrent pour tenter de garder une attractivité aux lieux. A y voir les produits proposés, il ne fait guère de doute que l’on vit bien dans les Bauges, à moins que le touriste de passage soit très généreux. Enfin, comme bien souvent dans les vieilles villes, l’église, en hauteur, est nettement bien mise en valeur. Le ChatelardEglise du ChatelardFaçade dans la grande rue du ChatelardFaçade dans la grande rue du ChatelardFaçade dans la grande rue du ChatelardFaçade dans la grande rue du ChatelardFaçade dans la grande rue du Chatelard

Enfin pour terminer ce léger article, une petite parenthèse historique. Les Bauges, contraints et forcés, ont été impliqués lors de la 2nde guerre mondiale avec l’installation du 8ème groupement des chantiers de jeunesse au Châtelard. L’objectif était de « former » les jeunes français pendant 8 mois à une doctrine du maréchal Pétain visant à une vie saine au contact de la nature et une formation morale et virile, après des années de « jouissance ». Arrêtons nous en aux faits pour cette parenthèse, vous pouvez en savoir plus ici.

Une plaque commémorative de cette période est apposée au Châtelard et ce fut de manière étrange que je l’observais, me demandant comment interpréter cela

Plaque sur le Groupement 8 des Jeunes Travailleurs