Si vous avez bien suivi mes récentes aventures, vous n’êtes pas sans savoir que le vélo occupe depuis peu une place prépondérante. A vrai dire tout s’est fait rapidement entre l’achat du vélo de voyage et mon projet de voyage vers Lisbonne.

J’avais tout de même l’intention de tester tout cela avant de partir pour plus de deux mille kilomètres de route. Se lancer dans ce projet en ayant déjà porté les charges dans les côtes et cols, en ayant un minimum de rythme et en connaissant le vélo et y être à l’aise me semblait gage de confiance.

Et concrètement, le parcours ?

C’est ainsi que j’ai convaincu mon pote Alex de me rejoindre pour un mini tour des Bauges. Il n’est cependant pas complet puisque nous sommes partis du col des Prés après une session d’escalade. Le trajet réalisé tranquillement en 2 jours et demi nous a conduit, donc du col des Prés à Aillon le Jeune, Lescheraines, le col de Leschaux, Saint Jorioz au bord du lac d’Annecy, Faverges, le col de Tamié, Frontenex, Cruet par la route des coteaux, le col de Marocaz, Curienne pour enfin rentrer à Chambéry.

Un vrai tour des Bauges verrait plutôt une évolution à proximité de l’axe Aix-Les-Bains – Annecy, toutefois les routes sont plus ennuyeuses qu’en plein coeur du massif. Le compromis pour un bon tour des Bauges serait de partir de Chambéry, de passer à Aix-les-Bains puis de rentrer dans le massif par Cusy jusqu’à Lescheraines. Ensuite d’aller au Semnoz et accessoirement d’y dormir, redescendre à Annecy, longer le lac et finir le tour comme nous l’avons fait.

 

Et concrètement, en vélo, monter des cols et porter des charges ?

Eh bien, ce ne fut pas si difficile. D’abord parce que nous avions soigneusement choisi des cols peu pentus et surtout parce que nous prenions notre temps. Enfin de la même manière que pour un trek de plusieurs jours, je tiens à partir avec les affaires nécessaires et pas plus. C’est ainsi que sans avoir pesé mes bagages je suis à peu près certain que cela ne dépassait pas 15 kg, bouffe, 1L d’eau et appareil photo compris. Pour du cyclotourisme, c’est relativement léger.

Les jours précédents m’avaient vu m’entraîner sur plusieurs cols voisins à vide, c’est en toute logique que le physique a suivi. Le beau temps aidant, le moral n’a jamais été affecté mais sur un voyage longue durée ce n’est pas la même chose. Les récits en France, et au Portugal le mentionnent bien.

Et concrètement, rouler avec un pote, c’est comment ?

Mon pote Alex ayant déjà quelques virées en vélo dans les cuisses, j’ai pu profité de son expérience et conseils. Sur la véloroute le long du lac d’Annecy, de pouvoir rouler côte à côte sans se soucier des voitures est un réel plaisir. Le lac nous a littéralement transporté ailleurs, comme si nous étions réellement en voyage, loin de chez nous, juste par quelques coups de pédale. Plus l’on devient sédentaire, plus une sortie ne serait-ce à cinquante kilomètres de chez soi devient déjà un vrai voyage ! Il fut un temps, il me fallait aller à des milliers de kilomètres pour connaître cette sensation.

Bien entendu dans les cols, chacun roulait à son rythme à la hauteur de ses capacités mais toute pause était bienvenue pour boire un coup, manger une pâtisserie, s’approvisionner en victuailles. La sieste et la dégustation de fromages très locaux est même devenu un rituel immuable: le Margériaz, tome des Bauges, abbaye de Tamié. Quant à la redécouverte du massif des Bauges à vélo, nous n’avons pas vraiment été dépaysés pour la partie centrale, en revanche la partie haut savoyarde m’était inconnue.

Nous avons dormi exclusivement en bivouac, à l’arrache va t-on dire. Un coup de google maps pour chercher des bonnes clairières et le tour était joué. Cependant, la première nuit nous avons squatté le champ d’un agriculteur planqué derrière des buissons. Facile de nous repérer toutefois. La seconde nuit plus épique m’a vu dormir paisiblement tandis que mon pote s’est bien occupé de faire fuir les sangliers qui s’approchaient de plus en plus ! En effet, nous avons repéré tardivement des traces de sangliers, il était trop tard pour camper plus loin… Leçon retenue pour le voyage et cela a été utile en Espagne.

En résumé, un bien joli tour tranquille nécessaire à réaliser pour le projet que j’ai ensuite mené ! Avec réussite bien sur.

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