Si vous avez lu le précédent article parlant de Sarajevo (lien), vous savez dorénavant que la capitale est entourée de montagnes et d’une nature exubérante.

Alors visiter Sarajevo, c’est bien, ça se fait assez rapidement, mais sortir de la Ville pour aller voir comment c’est un peu plus loin, c’est pas mal non plus ! Devant mon amour de la montagne, ne pas y aller aurait été difficile à imaginer. Après quelques renseignements, on m’a parlé des chutes de Skakavac ainsi que du massif Bjelašnica.

Attention, coup de coeur en vue !


Afficher Montagnes de Sarajevo sur une carte plus grande

A Sarajevo, les montagnes font « peur »

Oui, voilà, ce fut un des premiers constats. Dès mon arrivée, j’ai fait mention de ma volonté de crapahuter dans les montagnes à différentes personnes: des bosniens et des backpackers. Leur réaction a été quasiment identique:

Mais pourquoi veux tu aller dans les montagnes ? Il n’y a rien à y voir.

J’aurai un début d’explication en apprenant que les bosniens auraient toujours peur des mines en montagne ainsi que d’être « observés ». Réflexes pris pendant la guerre peut être. Cela dit, c’est à prendre au conditionnel.

Mais le fait est là, les habitants de Sarajevo ne sortent pas de chez eux pour aller dans la nature.

Un peu au dessus de Sarajevo

En laissant le hasard me guider, je me retrouve très rapidement sur les hauteurs, si bien que rapidement ce n’est plus vraiment la ville:
Sur les hauteurs de Sarajevo

D’ici, le massif de Bjelašnica peut être aperçu, il est tout au fond, sous la neige alors qu’il fait 25° ! Les hauteurs de Sarajevo sont propices à la découverte de petites forêts:
Forêt autour de Sarajevo

ou encore d’imposants arbres florissant avec l’arrivée du printemps:
Sur les hauteurs de Sarajevo

Chutes d’eau de Skakavac

D’une hauteur de près de 100m, les chutes d’eau de Skakavac sont une excellente excursion assez proche de Sarajevo accessibles en bus.

Depuis l’arrêt terminus de Nahorevo, il faut emprunter la route qui monte, d’abord en bitume puis en terre, avant d’arriver au point de départ de la boucle Skakavac. Attention, c’est quand même assez long. Je me sens en pleine nature alors que la capitale se situe à même pas 15 kms !

Montagnes autour de Skakavac

Montagnes autour de Skakavac

D’autres randonnées sont tout à fait possibles dans le secteur et totalement sans aucun risque de mines. D’ailleurs, c’est peut être pour ça qu’il y a beaucoup de monde en ce dimanche. Et cela facilite beaucoup les rencontres:

Bosniennes et autrichien

Je passerai une bonne partie de l’après midi avec Dzena et ses amis (Christian à droite est autrichien). La rencontre fut un moment assez épique: en cherchant mon chemin, je tombe sur eux en train de manger sur un rocher à l’écart du sentier. On commence la papote et Dzena me lance:

Mais pourquoi la Bosnie ?

S’en suit des bons moments de rigolade.

Ils redescendront en voiture, tandis que je continuerai à pied. Je me joins à un groupe d’allemands déjà croisé le matin même. La balade se transforme en grosse randonnée lorsqu’il faut redescendre à Sarajevo, sans compter sur le bus, car on ne sait pas à quelle heure il passe ! Nous estimons la journée à peu près 30 kms de marche !

Sur la route des chutes de Skakavac

Le massif de Bjelašnica au sud de Sarajevo

Il me restait un jour à Sarajevo, je voulais aller en montagne, mais sans aucune information, cela semblait très compliqué. Puis la rencontre avec une italienne déclenche le tout: elle me parle d’une carte détaillée du massif de Bjelašnica ! Alors, tout s’enchaine très vite, en quelques minutes: location de voiture, achat de nourriture, demande de la carte à l’office de tourisme et c’est parti pour l’aventure !

Seulement, je n’ai aucune information sur l’état des routes, l’accès aux sentiers. Ok, alors rien de mieux que de demander sur place après avoir roulé près de 30 kilomètres vers le Sud:
Bosnien

En montrant la carte à cet homme et en communiquant avec des gestes et quelques mots, j’obtiens tous les renseignements sur ce que je peux faire !

Au fur et à mesure que la route continue, le paysage change du tout au tout et devient sublime, sauvage. Quelle surprise, à si peu de distance de Sarajevo !

Massif de Bjelašnica

Je laisse la voiture à Umoljani et commence à marcher vers Lukomir, le plus isolé et haut village de Bosnie, à 1450m.
Selo Umoljani

Selo Umoljani

Persuadé d’être arrivé en voyant les maisons très rustiques, une fermière m’apprend toutefois que je suis à Selo Umoljani. Le village est surréaliste: à même pas 30kms de Sarajevo, c’est un autre monde: isolé, rustique, dur, sauvage !

Un sentier balisé permet d’aller à Lukomir, sans risques de mines à ses dires, mais la fermière me « signe » de redescendre. Certainement à cause du temps très changeant car il pleut par fortes averses:

Selo Umoljani

Pris par l’envie d’aller plus loin, je continue un peu et doit affronter quelques nevés avant de constater rapidement que le sentier est trop impraticable ! La fonte des neiges est très récente et rend marécageux le terrain. Néanmoins, les paysages sont splendides, malgré le temps maussade.

Canyon de Rakitnica (au fond)

Tout au fond se situe le canyon de Rakitnica, profond de 800 mètres ! Demi tour donc, un peu avec regret mais tant pis, c’est la vie. Quelques brebis se mettent sur mon chemin !

Brebis

Quelques réflexions

  • Jamais les rencontres ne sont aussi faciles lorsqu’on marche !
  • Les sentiers du massif de Bjelašnica sont très bien balisés et il doit y avoir des « cartes ». Cependant, il faut pouvoir les trouver.
  • Pour les amateurs de nature, bivouaquer près des chutes de Skakavac est très possible, il y a plusieurs endroits où la vue est dégagée et le terrain plat.
  • Vous voulez faire du change de monnaie et vous avez oublié votre passeport ? c’est pas grave, on fait à l’arrache !
  • A la station service, on vous sert hein, pas la peine de se servir soi même !