Prologue

1 an et demi ou presque.

C’est le temps depuis mon dernier vol en avion. Celui, précisément, qui devait me ramener en France, depuis la Nouvelle-Zélande, avec quelques larmes nostalgiques depuis bien épongées. Et me voilà ce soir dans un avion en direction d’Helsinki, capitale de la Finlande. Le billet a été pris à la va vite et la destination, ni même ce voyage n’étaient prémédités une semaine auparavant. Je rognais sur la Norvège, sur l’Ecosse, mais voilà, il a fallu que William, un de mes congénères de la #Teamgivrés me parle du parc national Urho Kekkonen. Surnommé UKK pour les intimes, ce parc est situé en Laponie, au delà du cercle polaire arctique au point cardinal 68°N. Alors, forcément, dans l’âme d’un amateur outdoor, cela a fait mouche tandis qu’un créneau dans mon agenda toujours en suspens s’est libéré.

Quoi de mieux qu’un voyage avec pour objectif le Grand Nord et son fameux point cardinal 66°33N, là où tout a commencé, deux ans auparavant ?

Les réflexes ne se perdent pas: protection du sac avec de l’emballage alimentaire, check-in, contrôle de sécurité, embarquement, décollage, sieste, café et verre d’eau, quelques regards au travers du hublot, atterrissage dans la nuit et me voilà rendu.

Vu l’heure d’arrivée et compte tenu que je connais déjà Helsinki, je ne compte pas y rester. Je n’ai donc point réservé de logement et dormirai par terre à l’aéroport, comme parmi tant d’autres. Oui, les réflexes reviennent vite, l’acclimatation est rapide: je sors mon matelas auto-gonflant et c’est parti pour une bonne nuit.

Ready ? 3,2,1, Fire !

8h00.

Le voyage démarre vraiment. Une session d’auto-stop vers Turku me remet dans le vif du sujet. Patience est le maitre mot. Le plaisir est là, de ré-découvrir des choses que j’avais oublié, dont certaines enfouies en moi: la curiosité des rencontres fortuites et le pur hasard. Et cela peut donner qu’une finlandaise m’apprend tant bien que mal à rouler les R à la finnoise. Échec total je vous l’assure.

sur la route en FinlandeSur la route en stop Même si j’aurai fait un autre gros déplacement en stop, il faut bien le dire qu’en deux semaines, ce n’est pas que j’ai voulu privilégier. Je voulais varier avec d’autres modes de voyage et notamment voir une ville.

Balades citadines

Finalement, j’en verrais 2 réellement. Premièrement, je suis allé à Turku. Pourquoi me demande les couchsurfeurs m’accueillant ? J’en sais trop rien, si ce n’est qu’elle est censée être la plus ancienne ville du pays. Malheureusement et ça on ne le sait pas, ça n’est pas très visible ! Il y a aussi deux autres raisons qui attirent les touristes à Turku: son archipel et sa proximité avec Åland, un état libre de Finlande. On pourrait aussi rajouter la proximité pas si lointaine avec la Suède. Cependant, je retiens le caractère agréable de la ville propice au vélo et aux balades le long de la rivière. Enfin c’est de là que je suis parti pour mon bike trip dans l’archipel de Turku. TurkuTurkuDeuxièmement, quelque chose comme 850 kms plus au nord, tout près du cercle polaire arctique et du fameux village du Père Noël, il y a Rovaniemi. La ville a constitué une base avant d’aller au parc national Urho Kekkonen mais aussi j’ai pu voir les copains Léon et Mélodie qui étaient en stage recherche à l’Arctic Center. Enfin, Rovaniemi était le point de départ de mon retour sur Helsinki en train, et donc doublement un passage obligé. Que penser de la ville ? Elle est étrange, très orientée vers la nature foisonnante mais à mon goût trop calme. Les spécialistes auront certainement leur mot à dire.   RovaniemiCoucher de soleil Rovaniemi

Le voyage non motorisé en Finlande

Comme sous entendu précédemment, j’ai effectué un bike trip dans l’archipel de Turku. Plusieurs itinéraires étant possible, allant de 3 à 8 jours, je me suis contenté du plus court en louant un vélo Tunturi. Merci pour la clairvoyance de l’agente qui voulait me louer un vélo 1 vitesse ! La randonnée à vélo, c’est tout nouveau et c’est d’autant d’ouverture vers d’autres expériences, comme le camping sauvage en forêt ou le concept du « j’irai planter ma tente chez vous ».

Moi à véloArchipel de TurkuKale & Kina

Parlons maintenant de ce qui principalement m’a fait venir en Finlande: le parc national Urho Kekkonen en Laponie.

Depuis mes treks exaltants en pleine nature néo-zélandaise, les grands espaces me manquaient terriblement. Depuis l’entrée du parc à Kiilopää et avec l’aide de personnes du centre d’information, je me suis concocté un itinéraire pour environ 5 jours de marche. Bien entendu et comme souvent, celui-ci a varié en fonction des rencontres et opportunités. A mon avis, pour bien découvrir le parc, il faut y rester 6 jours. Des coins secrets et chouettes méritent le coup mais sont en dehors des itinéraires classiques.

Bien que plutôt plat, l’ambiance wilderness y est entre taïga, tunturi, baies, lacs, météo capricieuse, rivières, lumières rasantes mais aussi le confort des huts. Une expérience que je ne regrette pas.

HutsCoucher de soleil sur LuirojärhviRandonneuse dans parc national Urho KekkonenRandonneur dans parc national Urho Kekkonen

La Finlande se prête parfaitement aux voyages non motorisés, que cela soit à pied, à vélo ou en kayak (nombreuses sont les rivières et lacs). En plus, c’est généralement plat, par conséquent peu exigeant physiquement.

Retour vers l’obscurité

Et un jour, il a bien fallu revenir.

Les longs trajets en train, j’adore ça. Un voyage dans un voyage. Pas trop vite quand même. Enfin, oui et non. 9h30 de trajet entre Rovaniemi et Helsinki dans un train moderne qui offre même du Wifi, que de luxe ! La vitesse du train varie beaucoup entre 40 kms/h et 200 kms/h, en fonction de la qualité de l’infrastructure. Quant à l’ambiance à bord, c’est tout simplement typiquement nordique !

Ce qui m’a le plus marqué dans ce trajet piquant droit vers le Sud, c’est le retour nettement plus précoce de l’obscurité: au moins 30 mins de décalage avec la veille à Rovaniemi et une nuit noire très rapide.
Gare de RovaniemiTrain en gare d'Helsinki

Good memories

00h00

Pas mécontent d’arriver à quai, je file à l’aéroport pour y dormir, comme à l’atterrissage. Mon vol étant à 7h30. Le voyage se termine, le temps a filé, mais j’ai pu le compter.

Que retenir de la Finlande ?

En caricaturant comme je sais très bien le faire (mais pas tout le temps) je pourrais dire que ce n’est juste qu’une énorme forêt avec des lacs. Mais c’est plus que cela et il faut savoir affuter ses sens pour s’en apercevoir. La nature foisonnante laisse la part belle aux activités de plein air et il me semble difficile de vivre en Finlande si l’on n’aime pas ça. Et je n’ose pas imaginer le rendu des mêmes paysages entrevus en hiver, sous une tonne de neige !

Les finlandais possèdent une way of life propre à eux ayant été influencée par la Suède, l’Allemagne et la Russie dans le passé. Effectivement, du côté culturel et historique, cela a tendance à manquer. Mais de nos jours, la Finlande se démarque par bien d’autres aspects: le sauna, la musique, les télécommunications, les compétitions en tout genre et autre sports assez originaux, pour ne citer que ceux là.

Promis, je vous parle de tout ça dans des articles à venir !