Entre deux contrats de travail en plein été, quoi de mieux de profiter de son temps libre pour aller faire un trek en montagne ?

Il se trouve qu’au même moment deux copains répondent favorablement à mon appel de la nature et rapidement plusieurs choix se dégagent: le tour du Mont Thabor, le tour du Ruan, à cheval entre France et Suisse et le tour du Mont Viso entre France et Italie. Après un Hiver épique, les névés persistants sont nombreux et nous avons préféré choisir la sécurité pour nous orienter sur le premier choix, un tour à la carte si je puis dire, tant il y a des variantes possibles.

Le Mont Thabor est un magnifique belvédère sur une large partie des Alpes et culminant à 3178m. Il est régulièrement présenté comme l’une des 10 plus belles randonnées des pays savoyards, la voie d’accès normale depuis Valfréjus ne présente pas de difficultés particulières en dehors de sa longueur. Nombre de personnes coupent l’ascension en deux jours avec une nuit dans le refuge du Mont Thabor, dont le niveau de confort à mon sens est presque similaire à un hôtel tant il est bien équipé.

Quant au tour de ce sommet, comme je le disais précédemment de multiples variantes sont possibles pour découvrir des vallées aux paysages différents et aux sentiers présentant une technicité relativement aisée. Il est toutefois possible de s’écarter des voies traditionnelles avec des sentiers plus techniques et aériens, de ne rester qu’en haute altitude soit à plus de 2000m pour ne pas rencontrer un seul hameau ou village sur son chemin, chose relativement rare dans les Alpes.

Notre tour du Mont Thabor

Je me suis inspiré de ce topo pour esquisser un semblant de parcours et avoir une idée du temps nécessaire pour faire notre tour. Après étude rapide, il me semblait possible de faire ce tour en 4 jours de bonne marche soit 3 bivouacs en pleine nature puisque les copains avaient le matériel nécessaire, enfin pour ne pas mourir de froid du moins (#privatejoke).

Nous sommes donc partis de Valmeinier 1800 avec la carte IGN 3535OT qui couvre tout le secteur de notre tour (mais pas nécessairement de toutes les variantes, notamment celles redescendant en vallée). Un des avantages évidents de notre tracé était de pouvoir rester au maximum en altitude pour limiter la chaleur et rester dans la nature. Le seul « hameau » rencontré fut celui magnifique des granges de la Vallée Étroite, française mais enclavée en Italie. Le mélange des genres fut réellement perceptible. Outre cette vallée splendide, nous avons été emballés par les lacs de la Clarée et enfin par les crêtes empruntées entre le Mont Thabor et le col des Muandes.

Que dire de la difficulté des sentiers ? J’avais emporté mes chaussures tiges hautes pour la simple et bonne raison d’avoir plus de stabilité dans les descentes même si les sentiers étaient sans même un seul passage technique, le portage sur le dos peut compliquer la donne. Malgré un dénivelé positif quotidien proche de 1000m le physique a bien suivi, excepté le dernier jour avec un essoufflement du à une nuit trop courte. J’ai donc trouvé ce tour facile tandis que d’autres dans un état de forme différent le trouveront épique.

Enfin la fréquentation mi-juillet reste raisonnable, les sentiers sont foulés par d’autres randonneurs mais jamais je n’ai ressenti une impression de trop plein. Cela ne doit clairement pas être la même chose en pleine saison.

Et en bivouac !

Parlons en d’ailleurs.

Nous avons toujours dormi dans des coins prodigieux avec des moments de partage renforçant les amitiés et le respect mutuel. Le lac de la Clarée a même reçu notre courageuse visite pour quelques secondes avant de sortir le souffle littéralement coupé par le froid. La première nuit a aussi été épique, tout le monde a bizarrement eu froid et je me suis même demandé si partir avec juste la toile extérieure était judicieux. Il a été nécessaire de me rhabiller dans mon sac de couchage, le même que j’utilise pourtant en plein Hiver !

Définitivement, au delà de la beauté des décors traversés, de la facilité d’orientation et de marche, le tour de Mont Thabor me laissera surtout un souvenir du partage. L’incident d’un précédent trek foiré dans les Ecrins est dorénavant clos.

Place aux photos !