Après un billet post voyage chargé d’une empreinte émotionnelle forte, voici le temps du compte rendu de mon aventure cyclotouristique vers Lisbonne au Portugal.

Il est composé en 3 parties, chacune consacrée à chaque pays traversé: France, Espagne et Portugal


Lundi 17 septembre, 10h

De la cour de mon immeuble, je me lance dans cette épopée sans trop me rendre compte de ce que cela implique. Les premiers kilomètres sont parcourus dans un environnement connu: la route de Lyon par la Chartreuse sur laquelle les faux plats montants se passent sans encombres. L’objectif du soir, c’est ainsi que je raisonne plutôt que de viser Lisbonne si loin et inaccessible, est St Marcellin à l’ouest du Vercors. Une amie m’accueille, son hospitalité n’est pas négligeable avant d’affronter des instants bien plus solitaires.

Le lendemain en direction de Lamastre en Ardèche, les hostilités commencent. Après une agréable évolution le long des voies vertes de l’Isère, les premières pentes se montrent. Après un tour de chauffe la veille, je n’évolue plus dans un terrain connu, le vrai voyage commence enfin. Il tourne même à l’aventure lorsque je dois choisir entre « Saint Barthélémy le Plain – 4km » à gauche et « Saint Barthélémy le Plain – 8km » à droite. Sans réfléchir, je prends à gauche. Bien mal m’en a pris, la pente est difficile, je digère mal mon repas et il fait très chaud. Une bonne leçon pour la suite.

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La chaleur continue de m’accompagner les jours suivants, que cela soit dans la montée vers St Agrève et le plateau, le long faux plat vers le Puy-en-Velay et enfin la terrible remontée de l’Allier après Monistrol d’Allier, le tout dans un décor d’abord volcanique puis relativement sauvage. Malgré l’accueil salvateur des parents d’une amie au Puy la veille, je m’arrête à Saugues hébété. Je commence à comprendre ce que cela implique d’être cyclotouriste, sans douter de la réussite de mon projet.

C’est une épreuve de gestion, de maîtrise, d’écoute de soi, de patience, de combativité.

Il faut savoir parfois s’arrêter plutôt que de forcer. Et cela fonctionne puisque dès le lendemain je profite mieux des paysages somptueux de la Margeride puis de l’Aubrac. Des déserts humains, des endroits ou je me sens connecté à la nature, mes jambes pourraient se planter dans le sol et grandir comme un arbre.

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Alors qu’une petite routine de voyage s’installe avec le petit café, la pâtisserie du matin, les sucres rapides, le pique nique, la sieste, les petites visites, le Massif Central s’éloigne dans une descente longue et technique pour arriver dans la vallée du Lot à Entraygues. Mes cuisses sont enfin moins sollicités par des montées. Le Lot est un vrai plaisir à suivre entre un amont légèrement en torrent et un aval plus comme une vraie rivière tandis que les villages perchés sont une claque visuelle et touristique.

Que la France est belle.

Les routes, soigneusement étudiées chaque veille d’étape, sont toujours agréables à parcourir et les voitures, en conséquence rares. C’est aussi dans le Lot que je commence à utiliser le réseau d’hospitalité WarmShowers. Ainsi je retrouve ce qui d’antan faisait la réussite de Couchsurfing: le lien sur un sujet commun entre deux entités ne se connaissant pas. En l’occurrence le vélo. A chaque fois, mes hôtes sont des passionnés de vélo avec des tonnes d’histoire à raconter. C’est ce qui fait la richesse de ce réseau.

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En examinant ma carte papier, je voyais l’axe Agen-Montauban comme un grand signe d’avancée vers les Pyrénées. Mais ce que je ne savais pas encore, c’est que de nouvelles difficultés m’attendent.

Le Gers.

Tous les gens rencontrés se l’accordent: sur le papier c’est plat mais en réalité, ça monte et ça descend sans arrêt comme des véritables montagnes russes. Il n’est pas rare de rencontrer des pentes à plus de 10% rendant impossible un rythme de pédalage régulier. Ces étapes combinées à la chaleur de retour m’atteignent physiquement sans pour autant attaquer le moral. Heureusement par moment je peux apercevoir les Pyrénées au loin qui se rapprochent, doucement mais surement.

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Le Pays Basque arrive comme une délivrance. Le passage du col d’Osquich avalé en quelques kilomètres me rassure sur mes capacités physiques. Mais c’est surtout l’ambiance qui tranche, entre les maisons, la gastronomie, la langue basque et les collines verdoyantes. L’Espagne n’est plus loin.

Samedi 29 Septembre, 15h

Après avoir un peu ralenti le rythme, j’arrive à Saint Jean Pied de Port. L’Espagne n’est plus qu’à 7km.

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La traversée des Pyrénées, cela sera pour lundi après un jour de repos… Après une randonnée dominicale bien sur !

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